Cicéron, de natura Deorum, I
2. Cf. Guigniaut, Religions de f Antiquité, aux éclaircissements du t. III, part. II, sect. II, p. 1098; et Maury, t. II, p. 468-476. Cet hymne n'a pas moins de qxiatre cent quatre-vingt-quinze Yen.
route embrasée du soleil. En vain Proserpine fait retentir de ses cris le sommet des montagnes et toute l'étendue de l'Océan, nul dieu, nul mortel n'entend sa voix. Cérès l'a reconnue ; son cœur maternel est saisi d'un violent désespoir; elle arrache les bandelettes qui ceignaient sa belle chevelure ; elle jette sur ses épaules divines un manteau d'azur et se met à la poursuite du ravisseur. Mais, parmi les dieux et les hommes, personne ne peut lui indiquer la route qu'il a suivie : Hécate seule et le Soleil avaient vu la violence, et ils n'osaient pas la révéler. Elle interrogea le vol des oiseaux : l'augure resta sans réponse. Ainsi le voulait le maître des dieux, qui avait autorisé cet hymen de Pluton.
Durant neuf jours la déesse vénérable parcourut la terre; durant neuf nuits elle chercha sa fille, un flambeau à la main; et ni le nectar ni l'ambroisie n'approchèrent de ses lèvres'. Cependant, lorsque brilla la dixième aurore, Hécate lui dit enfin qu'elle avait vu passer Proserpine sur un char étincelant, mais sans pouvoir reconnaître le ravisseur. Le Soleil en savait davantage. C'est Pluton, dit-il à Cérès, qui, par la permission de Jupiter, a ravi votre fille. Mais le roi des enfers n'est pas un gendre indigne de vous, car une des trois parties du monde obéit à ses lois.
A cette révélation d'un destin inexorable , Cérès est pénétrée de douleur. Elle quitte l'assemblée des dieux et l'Olympe ; elle échange les traits d'une déesse contre ceux d'une vieille femme et descend sur la terre pour y chercher encore sa fille. Après de longues courses inutiles, elle s'arrête à Élcusis et s'asseoit, abîmée dans ses pensées, à l'ombre d'un olivier, sur « la triste pierre, » au bord du chemin qui menait au puits de Parthénios, que Callimaque a chanté. Kéléos régnait alors à Eleusis. Ses filles, en allant puiser de l'eau à la