‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 28 sur 86 · H. N. IV · texte numérisé non relu

H. N. IV

Strabon parle incidemment, dans u:i passage frappant (II, p. 121-123), do l'influence que la mer exerce en déterminant la forme et, les limites de la terre ; il fait des observations remarquables au sujet de la grande supériorité de l'Europe sur l'Asie et l'Afrique par rapport aux terres que coupent les eaux de la mer et au milieu desquelles elles pénètrent : ii jjlsv o^v EvpwTnj wo- ÀucTXT^jJAOveffTaTr, Traffôiv eaTi, etc. 11 ne nomme pas spécialement la côte de la Grèce, bien que ses remarques se rapportent plus exactement à ce pays qu'à tout autre. Et nous pouvons copier un

comparaient à la feuille d'un platane la forme àvt Péloponèse, avec ses trois golfes au sud (ArgoHque, Laconien et Messênien) : le golfe de Pagasse à Test de la Grèce, et celui d'Ambrakia à l'ouest, avec leur entrée étroite et leur superficie considérable, sont équivalents à des lacs intérieurs' : Xénophon vante la double mer qui embrasse une si grande partie de l'Attique, Ephore, la triple mer qui rend la Bœôtia accessible à l'ouest, au nord et au sud, le détroit de l'Eubœa ouvrant une longue ligne de pays des deux côtés à la navigation le long des côtes (1). Mais les plus importants de tous les golfes grecs sont le golfe de Corinthe et le golfe Saronique, baignant les rivages nord et nord-est du Péloponèse, et séparés par l'étroite barrière de l'isthme de Corinthe. Le premier, particulièrement, laisse l'^Etolia, la Phokis et la .Bœôtia, aussi bien que toute la côte septentrionale du Péloponèse, ouvertes à l'accès par eau. Corinthe, dans l'antiquité, servait d'entrepôt pour le commerce entre l'Italie et l'Asie Mineure, les marchandises étant débarquées à Lech?eon, le port sur le golfe de Corinthe, et transportées par terre à travers l'isthme jusqu'à Kenchrese, le port sur le golfe Saronique : en effet, les navires marchands euxmêmes, quand ils n'étaient pas très-grands (2), étaient

passage de Tacite (Agricola, c. 10), écrit relatirement à la Bretagne^ qui s'applique bien plus exactement à la Grèce : « Nusquam latins dominari mare... nec litore tenus accrescere aut resorberi, sed influere penitus et ambire, et jugis etiam atque montibus inseri velut in suo. »

(1) Xénophon, De Vectigal. cl?

Ephor. Fragm. 67, éd. Marx ; Stephan.

Byz. BoiwTia.

(2) Pline, H. N. IV, 5, au sujet de Tisthme de Corinthe : « Lechaeae bine, Cenchreae illinc, angustiarum termini, longo et ancipiti navium ambitu (i. e.

autour du cap Malea), quas magnitudo plaustris transvehi prohibet ; quam ob causam perfodere navigabili alveo an-

gustias eafl tentavere Deraetrius rex, Dictator Caesar, Càius princeps, Domitius Nero, infausto (ut omnium exitu patuit) incepto. »

Le SioXxoç, d^une largeur de moins de quatre milles (6 kilom. et demi), par lequel on traînait les vaisseaux à travers l'isthme, si leur grandeur le permettait, s'étendait de Lechaeon, sur le golfe de Corinthe, jusqu'à Schœnos, un peu à Test de Kenchreae, sur le golfe Saronique (Strabon, VIII, p. 380). Strabon (VIII, p. 335) estime à quarante stades la largeur du SioXxèç (environ 4 3/4 milles anglais, 7 kilom. 644 met.) ; la réalité , selon Leake , est 3 1/2 milles anglais, 4 kilom. et demi (Tràvels in Morea, vol. III, ch. 29, p. 97).

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