‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 50 sur 86 · GRECS EN DEHORS DU PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

GRECS EN DEHORS DU PÉLOPONÈSE

Hellènes indigènes, aux montagnards œtoliens. t3n ne trouve en effet que quelques individus en petit nombre, même au troisième siècle avant J.-C, qui soient dignes des meilleurs temps de la Hellas, et la confédération achaeenne de ce siècle est une tentative honorable faite pour lutter contre d'irrésistibles difficultés ; mais, en général, cette marche libre, sociale et politique, qui donne tant d'intérêt aux siècles antérieurs, est irrévocablement bannie de la Grèce après la génération d'Alexandre le Grand.

La brève esquisse qui précède montrera que, à prendre la période s'étendant depuis Crésus et Pisistrate jusqu'à la génération d'Alexandre (560-300 av. J.-C), les phénomènes de la Hellas en général, et les rapports tant étrangers qu'interpolitiques, permettent qu'on les groupe ensemble en masses dépendant d'une manière continue d'une ou de quelques circonstances prédominantes et peu nombreuses. On peut dire qu'ils constituent une sorte d'épopée historique, analogue à celle qu'Hérodote a composée au moyen des guerres entre les Grecs et les barbares, à partir des légendes d'Iô et d'Europe jusqu'à la défaite et la fuite de Xerxês. Mais quand nous retournons à la période qui s'étend entre 776 et 560 avant J.-C, les phénomènes qui sont arrivés à notre connaissance sont en très-petit nombre ; ils présentent peu de sentiments ou d'intérêts communs, et nulle tendance vers un but assignable quelconque. Pour donner de l'attrait à cette première période, si obscure et si ingrate, nous serons forcé de la considérer dans son rapport avec la seconde ; en partie comme préparation, en partie comme contraste.

Relativement aux Grecs en dehors du Péloponèse au nord de l'Attique, pendant ces deux siècles, nous ne savons absolument rien : mais il sera possible de fournir quelque renseignement quant à l'ancienne condition et aux luttes des grands États dôrien» dans le Péloponèse, ainsi qu'à l'élévation de Spartie montant de la seconde à la première place dans l'échelle comparative des puissances de la Grèce, Nous commençons à connaître Athènes à l'occasion de la législation de Drakôn et de la tentative que fit Kylôn (620 av. J.-C) pour usurper le pouvoir ; et nous recueillons quel-

ques faits relatifs aux cités ioniennes en Eubœa et en Asie Mineure pendant le siècle de leur plus grande prospérité, avant le règne et les conquêtes de Crésus. C'est par là que nous nous formerons quelque idée de laccroissement de Sparte et d'Athènes, du développement énergique et éphémère des Grecs ioniens et du lent travail de ces causes qui tendaient à accomplir le progrès du commerce mutuel entre Hellènes, en opposition avec le cercle agrandi d'ambition, les grandes idées panhelléniques, les antipathies de partis systématisées, et l'action plus énergique, tant en dehors qu'à l'intérieur, qui durent leur origine à la lutte avec la Perse.*

Il y eut aussi pendant cette première période de l'histoire grecque deux ou trois manifestations remarquables qui demanderont une mention spéciale : 1. le grand nombre de colonies envoyées par des cités individuelles, et l'élévation et le progrès de chacune de ces colonies ; 2. le nombre des despotes qui s'élevèrent dans les diverses villes grecques; 3. la poésie lyrique ; 4. les rudiments de ce qui plus tard, en mûrissant, devint la philosophie morale manifestée dans des gnomes ou aphorismes, c'est-à-dire l'époque des Sept Sages.

Mais avant d'arriver à relater ces premiers actes (par malheur trop peu nombreux) des Dôriens et des Ioniens pendant la période historique, en même temps que les autres faits dont je viens de parler, il sera à propos d'examiner les .noms et les positions de ces autres États grecs sur lesquels nous n'avons pas de renseignement durant ces deux premiers siècles. On se formera ainsi quelque idée des membres moins importants de l'agrégat hellénique, avant le temps où ils seront appelés à agir. Nous commençons par le territoire situé au nord du défilé des Thermopylae.

Des différentes races qui habitaient entre ce défilé célèbre et l'embouchure du fleuve Peneios, celle qui de beaucoup était la plus puissante et la plus importante, c'était la race thessalienne. Quelquefois, en effet, toute cette étendue de pays passe sous le nom de Thessalia, depuis que nominalement, bien que non pas réellement, le pouvoir des Thessaliens s'étendait sur le tout. Nous savons que la Trachinienne Hêrakleia, fondée par les Lacédeemoniens dans les premières

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