‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 75 sur 86 · chant à la musique grecque (V. lib. III · texte numérisé non relu

chant à la musique grecque (V. lib. III

L'excellent traité De Metris Pindari^ c. 8, p. 238).

Que rimpression produite par Tyrtée à Sparte, avec sa musique martiale et ses énergiques exhortations au courage en campagne, aussi bien qu'à l'union à Tintérieur, ait donc été très-considérable, c'est là un fait en parfaite harmonie avec le caractère et de l'époque et du peuple ; surtout, comme on nous le représente, le poète apparaissant conformément à l'injonction de l'oracle Delphien. Toutefois, les chétifs fragments qui nous restent, de ses élégies et de ses anapestes peuvent nous convaincre seulement de deux faits : d'abord, que la guerre fut longue, opiniâtrement disputée et dangereuse pour Sgarte aussi bien que pour les Messèniens; ensuite, que d'autres parties du Péloponèse y prirent part des deux côtés, particulièrement du côté des Messèniens. Ces derniers, par leurs fréquentes incursions sur le territoire Spartiate, causèrent tant de ravages qu'on laissa sans culture une portion considérable de la terre sur la frontière : la disette s'ensuivit, et les propriétaires des fermes abandonnées, réduits au désespoir, demandèrent avec instance un nouveau partage de la propriété foncière dans l'État. Ce fut en apaisant ces mécontentements que le poëme de Tyrtée, appelé Eunomia, « ordre légal, » rendit un signalé service (1). Il paraît certain qu'une grande partie des Arkadiens, avec les Pisans et les Triphyliens, se rangèrent du côté des Messèniens; il y a aussi quelques assertions comptant les Eleiens parmi leurs alliés, mais cela ne paraît pas probable. Il semblerait plutôt que l'ancienne querelle entre les Eleiens et les Pisans, relativement au droit de présidence aux jeux Olympiques, querelle qui avait* déjà éclaté le siècle précédent sous le règne de l'Argien Pheidôn, continuât encore. Dépendant contre leur gré d'Elis, les Pisans et les Triphyliens prirent parti pour les Messèniens soumis, tandis que les maîtres à Elis et à Sparte faisaient cause commune, comme ils l'avaient fait jadis contre Pheidôn (2). Pantaleôn, roi de

(1) Aristote, Polit. V, 7, 1; Pausan. VIII, p. 355, où les Néerropoç àwo- IV, IS, 2. yovot signifient les Py liens de Tri-

(2) Pausanias, VI, 12, 2; Strabon^ phylia.

Pisa, révoltée contre Elis, agit comme chef de ses concitoyens dans leur coopération avec les Messêniens ; et on le signale comme ayant, à l'époque de la 34® Olympiade (644 av. J.C.), dirigé un corps de troupes sur Olympia, et ayant ainsi, à cette occasion, dépossédé les Eleiens de la présidence : cette fête particulière, aussi bien que la 8® Olympiade, pendant laquelle y intervint Pheidôn, et la 104* Olympiade, durant laquelle les Arkadiens envahirent le territoire, furent toujours marquées sur le registre Eleien comme n'étant pas des Olympiades ou comme étant des célébrations irrégulières. Nous pouvons avec raison rattacher ce triomphe temporaire des Pisans à la guerre Messênienne, en ce que, seulSv ils n'étaient pas de force à résister aux Eleiens, tandis que la fraternité qui unissait Sparte et Elis est en parfaite harmonie avec le plan de la politique péloponésienne qui, comme nous l'avons fait observer, régnait même avant et pendant le temps de Pheidôn (1).

(1) Relativement à la position des Eleiens et des Pisans pendant la seconde guerre messênienne, il y a de la confusion dans les diverses assertions ; comme on ne peut les concilier, nous sommes obligé de faire un choix.

Que les Eleiens fussent alliés de Sparte et les Pisans de la MessOnia, et que les luttes de Sparte et de la Messênia fussent mêlées à celles d'EIis et de Pisa touchant l'agonothesia des jeux Olympiques, c'est là un fait qui concorde avec une assertion distincte de Strabon (VIII, pages 355, 358), et avec le passage de Phavorinus, v.

AuYsiaÇï 6t 4*ii ^® P^^s est appuyé indirectement par l'idée présentée par Pausanias au sujet des relations qui existaient entre Elis et Pisa (VI, 22, 2), où Ton voit clairement que Pagonothesia était un sujet de dispute constante entre les deux villes, jusqu'au moment où les Pisans finirent par être écrasés par Pyrrhus, fils de Pantaleôn.

En outre, la même idée est réellement

conforme à un autre passage de Strabon, qui, tel qu'il est imprimé maintenant, paraît la contredire, mais que Miiller et autres reconnaissent comme ayant besoin d'être corrigé, bien que la correction qu'ils proposent ne me semble pas la meilleure. Le passage (VIII, p. 362 est ainsi : IlXeovàxi; 8' inolijxriffav (Messêniens et Lacédsemoniens) 8ià Tàç àTroorràdetç xûv Mefftjyiviwv.

Tif^v (xèv oîiv irpwTJQv xaTàxTr,(xtv aOtùiv çYifft TvjpTato; èv toi; 7coiiQ(jL0i(n xatà Toùç Tôiv iraTÉpwv «aTÉpaç yevsdôai * TTiv Se Ssvïfpav, xa6* i^v éXéfisvoi dvfji- (xàxoy; 'HXetou; xal 'Apystouç xac IIiffaTàç à7ré(mr,(rav, 'ApxàScDv jjièv '\p'.<7- ToxpàtTiV TÀv 'OpxojJLÉvou ^OLdikéa Tuape- XOfxévwv (XTpaTYiyôv, IlKxaTcSv Se Ilav- TaXeovTa tov 'OfiçocXitovoç • :^vtxa (pr,o-iv aÙTà; aTpaxYjyîîffat Tèv 7r6Xe[ji.ov rot; AaxeSaifxoviotç, etc. Ici il est évident que, dans Ténumération des alliés, on aurait dl\ comprendre les Arkadiens ; conséquemment 0. Millier et M. Clinton (ad annum 672 av. J.-C.) s'accor-

HISTOIBJB BE LA (iEÈCB.

La seconde guerre Messênienne aura donc commencé ainsi à peu près vers la 33® Olympiade, ou 648 ayant J.-C, entre soixante-dix et quatre-vingts ans après la fin de la première, et elle aura duré,, selon Pausanias, dix-sept ans; selon Plutarque, plus de vingt ans (1).

dent pour changer ainsi le passage :

ils insèrent les mots xal "ApxaÔaç après le mot 'HXeio'Jç, de sorte que et les Éleiens et les Pisans paraissent dès l'abord comme aUiés de la Messênia.

Cette correction (c'est une questioji que je soumets) est improbable en ellemême, et elle ne s'accorde pas avec le passage de Strabon mentionné antérieurement : la vraie manière de changer le passage est (à mon avis) de substituer le mot "Apxaôaç à la place du mot 'HXetoyç, ce qui fait que les deux passages de Strabon s'accordent l'un avec l'autre, sans qu'il soit fait à peine plus de violence au texte.

En tant qu'opposé à l'idée adoptée ioi, il y a sans doute le passage de Pausanias (IV, 15, 4) qui compte les Eleiens parmi les alliés de la Messênia et ne s'occupe pas des Fisaiis. L'affirmation de Julius Africanus (ap. Eusebium Chronic. I, p* 145, à savoir que les Pisans se révoltèrent contre Elis dans la trentième Olympiade et célébrèrent les j eux Olympiques eux-mêmes jusqu'à l'Olympiade 5^, pendant vingtdeux célébrations successives) , cette affirmation, disons-nous, est on conti^a^ diction d'abord, avee Pausanias |VI, 22, 2), passage qui me parât un ren'seignement clair et précieux, en co qu'il s'en réfère partiaulièrement aux trois non-Olympiades, en second lieu, avec Pausanias (V, 9^ 4), endroit où les Éleiens, dans la cinquantième Olympiade, déterminent le nombre des Hellanodikae. Je suis d'accord avee Corsini (Fasti Attici, t III, p. 47)' pour écarter le passage de Jnlius Africanus : M, Clinton (F.. H., p. 253) est mécontent do Corsini à cause de ce soupçon, mais il

fait virtuellement la même chose ; car, pour concilier Jul, Africanus avee Pausanias, il introduit une supposition tout à fait différente de ce qui est affirmé par Pun et Pautre, t. e. une agonothesia commune des Éleiens et des Pisans unis ensemble. Cette hypothèse de M. Clinton me paraît gratuiteet inadmissible : Africanus lui-mÔmc voulait dire une chose toute différente, et j'imagine qu'il a été égaré par une autorité erronée. V. M. Clinton, F. H.

ad ann. 660 avant J.-C. — 580 avant J.-C.

(1) Plutarque, De Sera Num. Vind.

p. 543 ; Pausanias, IV, 15, 1 ; IV, 17, 3;. IV, 23,2.

La date de la seconde guerre Messênienne et rintervaUe qui sépare la seconde de la première sont des points sur lesquels il y a aussi des différences inconciliables quant aux renseigne^ ments : nous ne pouvons choisir que le plus probable. V. les passages recueillis et discutés dans 0. Muller (Dorians, I, 7, 11, et dans M. Clinton, Fast.

Hellen. vol. 1, appendix 2, p. 257).

Selon Pausanias, la seconde, gnjerre dura de 686 à 668 avant J.-C, et il y eut un inten'alle de 39 ans entre là première guerre et la sec(mde. Justin (111, 5) compte un intervalle da 80 ans; Kusèbe un intervalle de 90. La preuve principale est le passage de Tyrtée , où ce poëte, qui. parle pendant la seconde guerre, dit : « Les pères de nos pères conquirent Messênê. »

M» Clinton se rapproche de très-près de l'idée de Pausanias : il suppose que la date réelle n'est que de six ans audessous (67 9-662). Mais je suis d'accord avec Clavier (Histoire des premiers

Un grand nombre d'entre les Messêniens,qni abandonnèrent leur patrie après cette seconde conquête, trouvèrent, dit-on, asile et sympathie parmi les Arkadiens, qui les admirent dans une nouvelle patrie et leur donnèrent leurs filles en mariage , et qui, en outre, punirent sévèrement la trahison dont s'était rendu coupable Aristokratês, roi d'Orchomenos, en abandonnant lès Messêniens à la bataille du Fossé. Ce chef perfide fut mis à mort, et sa race détrônée ; tandis que le crime et la punition furent de plus rappelés par une inscription que l'on pouvait voir près de l'autel de Zeus Lykaeos en Arkadia. L'inscription existait sans doute à l'époque de Kallisthêne, dans la génération qui suivit le rétablissement de Messènê. Mais il nous est impossible de déterminer si elle avait existé avant cet événement, et quel degré de vérité il peut y avoir dans le récit concernant Aristokratês (1). Une autre autorité avance que le fils d'Aristokratês, nommé

temps de la Grèce, t. II, p. 233) et avec G. Miiller fL c.) pour penser qu'un intervalle de trente -neof ans est trop coTirt ponr convenir à 1» phrase, de les pères de nos pères. En parlant dans Pannée présente (1946), on ne regarderait pas OQBiim& exa«t da dire : « Les pères de nospèseafirent laguerre entre 1793 et la paix d'Amiens; » nous dirions plutôt : « Les père» dé nos pères firent la guerre d'Amérique et la guerre de Sept Ans. » Une époque est marquée par ses membres mûrs et même un peu âgésy par cesBOi qui sont entrer trentecinq et cinquiM^tercinq ans.

Étant d'accord comme je le suis ici avec O. Miiller contre M. Clinton, je m'accosde encore avec lui ponr penser que la meilleure marque que nous possédions de la date de la seconde guerre messênienne est l'assertion relative à Fantaleôn : la trente-quatrième Olympiade, que célébra Pantaleôn, tomba probablement dana le temps de la guerre, qui serait ainsi portée beaucoup plus bas que l'époque a

par Pausanias, non pas cependant aussi bas que celle qu'indiquent Ëusèbe et Justin ; toutefois^ nous n'avons aucun moyen de fixer l'année exacte de son commencement.

Krebs, dans ses discussions sur les Fragmentsdes livres perdus de Diodore, pense que cet historien plaçait le commencement de la seconde guerre messênienne dans la trente - cinquième Olympiade (640 av. J.-C). Krebs, Lee* tiones Diodore», p. 254-260).

(1) Diodore, XY, 66 ; Polybe, 17, 33, qui cite Kallistâiâite; Pansan. YIII, fi, 8. Ni l'inscription telle qu'elle est citée par Polybe, ni l'allusion qui se trouve dans Plutarque (DeSeiâ Numin.

Yindictâ, p. 548), ne paraissents'accorder avec le récit de Pausanias; car toutes deux elles impliquent une trahison secrète et longtemps cachée, tardivement révélée par l'intervention des dieux ; tandis que Pausanias représente la trahison d'Aristokratês à la bataille du Fossé comme palpable et flagrante.

Aristodêmos, régna dans la suite à Orchomenos (1). Ce qui ici est fortement marqué, c'est la haine commune aux Arkadiens et aux Messêniens contre Sparte, sentiment qui était dans toute sa force à Tépoque du rétablissement de Messênê.

La seconde guerre messênienne fut ainsi terminée par l'asservissement complet des Messêniens. Ceux d'entre eux qui restèrent dans le pays furent réduits à une servitude qui n'était probablement pas moins dure que celle que, suivant la description de Tyrtée, ils avaient endurée entre la première guerre et la seconde. Dans la suite tout le territoire qui figure sur la carte comme Mes^ênia, au sud du fleuve Nedon, et à Touest du sommet dû Têygetês, paraît comme soumis à Sparte et comme formant la portion occidentale de la Laconie, et distribué entre les villes periœkiennes et les villages ilotes (nous ignorons dans quelle proportion). Nous ne savons point par quelles mesures, ni après quel degré de résistance nouvelle, les Spartiates conquirent cette contrée ; mais on nous dit qu'ils cédèrent Asinê aux Dryopes, chassés de la péninsule Argolique, et Mothônê aux fugitifs venus de Nauplia (2). Nous n'entendons pas non plus parler d'aucune révolte sérieuse contre Sparte dans ce territoire avant 150 ans plus tard (3), après l'invasion des Perses ; révolte que, après de sérieux efforts, les Spartiates réussirent à écraser, de sorte que le territoire resta en leur pouvoir jusqu'à leur défaite à Leuktra, qui amena la fondation de Messènê par Epaminondas. La fertilité des plaines, particulièrement de la portion centrale près du fleuve Pamisos, tant vantée par des observateurs, modernes aussi bien qu'anciens, en fit une acquisition d'une haute importance. A une époque ou à une autre, ce territoire doit naturellement avoir été partagé régulièrement entre les Spartiates ; mais il est probable qu'il y eut des partages différents et successifs.

(1) Héradide de Pont , ap. Diog. (2) Pausanias, IV, 24, 2; IV, 34, 6;

Laërt. I, 94. IV, 35, 2.

(3) Thucydide, 1, 101.

selon que les diverses parties, situées tant à Test qu'à Touest du Tèygetês, furent conquises. Sur tous ces points nous n'avons aucun renseignement (1).

Quelque imparfaitement que nous connaissions ces deux guerres Messêniennes,' nous en voyons assez pour être autorisé à faire deux remarques. Toutes deux elles furent fatigantes, prolongées et pénibles; elles montrèrent avec quelle lenteur on obtenait alors des résultats à la guerre, et elles prouvèrent par un exemple de plus combien l'analogie historique contredit la conquête rapide et instantance de la Laconie et de la Messênia par les Dôriens, comme l'expose la légende hêraklide. Toutes deux elles furent caractérisées par un procédé semblable de défense de la part des Messêniens, l'occupation d'une montagne d'un accès difficile, et fortifiée dans un but spécial de résistance, le mont Ithômê (sur lequel, disait^on, avait déjà été une petite ville) dans la première guerre, et le mont Eira dans la seconde. On peut conclure de là avec raison que ni leur principale ville Stenyklêros, ni aucune autre ville de leur pays, n'étaient très-fortifiées, de manière à être en état de soutenir un siège ; qu'il n'y avait pas chez eux de villes entourées de murs analogues à Mykênae et à Tyrins dans la partie orientale du Péloponèse ,. et que peut-être ce que l'on appelait des villes était, comme Sparte elle-même, des groupes de villages non fortifiés. L'état postérieur d'ilotisme auquel ils furent réduits est en harmonie avec cette résidence dans des villages dispersés pendant leur période de liberté.

Les relations de Pisa et d'Elis forment une contre-partie' et une suite convenables à celles de la Messênia et de Sparte. Eux-mêmes sujets contre leur gré, les Pisans avaient prêté

(1) Pausanias dit : T9jv (lèv âXXYiv les armes contre ses frères ; à quoi il

MeeroïivCav, 'ïtXi?|v xfi^ 'AaivocCtov, aOrol répond : « Non ; je marche seulement

ôteXàYxa"^ov, etc. (IV, 24, 2). vers la partie du territoire qui n*a pas

Dans un apophthegme attribité au été tirée au sort. » (Plut. Apophthegm. roi Polydôros, chef des Spartiates pen- Laconie, p. 231,)— 'Eirt rriv àxXio pendant la première guerre messênienne, tov j^topav. on lui dentiande s*il prend réellement

assiiïtance aux Messêniens, et leur roi Pantaleôn, un des chefs de cette armée combinée, avait obtenu un si grand succès temporaire, qu'il avait dépossédé les Eleiens de l'agonothesia ou administration des jeux pendant une cérémonie olympique, dans la trente-quatrième Olympiade. Bien que réduits de nouveau à leur condition de sujets, ils manifestèrent des dispositions à renouveler la révolte lors de la quarante-huitième Olympiade, sous Damophôn, fils de Pantaleôn, et les Eleiens s'avancèrent dans leur pays pour réprimer leurs mouvements ; mais ils se retirèrent persuadés par des protestations de soumission. Enfin, peu dô temps après, sous Pyrrhus, frère de Damophôn, une sérieuse révolte éclata. Les habitants de Dyspontion et des autres villages de la Ksatis, assistés par ceux de Makystos, de Skillos et des autres villes de la Triphylia, prirent les armes pour secouer le joug d'Elis ; mais leur force ne répondait pas à l'entreprise. Ils furent complètement vaincus; la ville de Dyspontion fut démantelée et ses habitants obligés de fuir le pays, d'où la plupart é migrèrent pour former les colonies d'Epidamnosetd'Apolloniaen Epeiros (Epire). Les habitants de Makistos et de Skillosfurent aussi chassés de leurs demeures, tandis que le territoire devint plus complètement sujet d'Elis qu'il ne l'avait été auparavant. Ces incidents semblent s'être présentés vers la cinquantième Olympiade, soit 580 avant J.-C.; et la domination d'Elis sur son territoire periœkien fut par là aussi bien assurée que celle de Sparte (1). Les dénominations séparées et de Pisa et de Triphylia se perdirent de plus en plus dans le nom souverain d'Elis ; la ville de Leprreon seule, en Triphylia, semble avoir conservé un nom séparé et une sorte de demi-autonomie jusqu'à l'époque de la guerre du Péloponèse, non sans des luttes perpétuelles avec les Eleiens (2). Mais vers le temps de la guerre du Pélopo-

«(l) Psnsanias, V I, 82 , S ; T. •€, 3 ; lesESehmB aaisoyeii^n l>ntia fiât flans

V. ID, 2 ; Strabon, THI, p. 3^-357, «eUte expéâîâni .tPHnam. T, W, ^.

Le temple en Thonneur ée 'Zens à ^ Thucydide, Y. 31. Cepenâsrit,

Olympift-fat en premier lieu élevé par mtam la ^l» âe Lepreon e«t OBnKtt&>

nèse, les intérêts politiques de Lacédaeinone avaient considérablement changé, et ce fut pour elle un avantage de maintenir l'indépendance des États subordonnés contre les États supérieurs; en conséquence, nous la trouvons à cette époque soutenant l'autonomie de Lepreon. Quelle fut la cause de la dévastation des villes triphyliennes opérée par Elis, ce qui s'opéra du temps d'Hérodote, comme il le rapporte, nous Tignorons ; le fait semble indiquer un désir ardent et continuel de recouvrer leur primitive indépendance, qui fut encore rappelée, jusqu'à une époque très-avancée, par l'ancienne amphiktyonie à Samikon en Triphylia en honneur de Poséidon, fête religieuse commune fréquentée par toutes les villes triphyliennes et célébrée par les habitants de Makistos, qui envoyaient tout à l'entour la proclamation d'une trêve formelle pour la période sainte (1). Les Lacédsemoniens, après que la fin de la guerre du Péloponèse les eut laissés les ohefs incontestés de la Grèce, soutinrent expressément l'indépendance des villes triphyliennes contre Elis, et semblent avoir favorisé les efibrts qu'elles firent pour s'attacher à l'agrégat arkadien, ce qui cependant ne s'accomplit jamais complètement. Leur dépendance vis-à-vis d'Elis se relâcha et devint incertaine, sans jamais être entièrement secouée (2).

risée comme éleiemie (Aristoph. Aves, rendus indépendants d'Elis dans la

149) ; cf. aussi Steph.Byz. v. TpiçwXta, vingt-sixième Olymp., comme l'avance

il 'miç. Strabon (VIII, p. 365).

Même dans la sixième Olympiade un (1) Hérod. IV, 149; Strabon, VIU,

babitant de Dyspontion est proclamé p. 343.

vainqueur au stade, sous la dénomi- (2) Diodore, XIV, 17; XV, 77; Xé-

nation de ■ tin Eleien de Dyspontion; » nopbon, Hellen. III, 2, 23, 26.

proclamé par les Eleiens naturellement Ce fut vers cette époque probable-

— la même chose dans la vingt-sep- ment que sMntroduisit pour la première

tième Olympiade : V. Stepban. Byz. v. fois l'idée de l'éponyme local, Triphy-

AuoicovTiov, ce qui montre que les ha- los, fils d'Arkas (Polyb. IV, 77). bitants de la Pisatis ne peuvent s'être

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