liVRE IV, PART. III, CHAP. I
que par la fuite à un pareil sort. Sanudo le secourut, et contribua aussi aux avantagées que ce duc remporta par ]a suite.
L'empereur Baudouin, réduit à sa capitale qu'il avait failli perdre par la trahison de quelques seigneurs , implora les secours de la chrétienté ; mais il ne trouva que les Vénitiens et le duc de Naxe, qui fussent touchés du triste état de sa fortune. Ils formèrent une flotte qui alla à Constantinople. L'arrivée de ce secours ne servit guère qu'à accélérer It ruine du malheureux Baudouin : ne voulant plus rester dans l'inaction avec un pareil renfort, il l'envoya avec une partie de son monde assiéger Daphnusie. Ce fut pendant ce funeste siège , que Constantinople fut prise de nuit, presque sans défense, et retomba en la puissance des Grecs, après avoir appartenu pendant cinquante sept ans et demi aux Français.
Ainsi finit l'empire latin d'Orient; Paléologue, au
comble de la gloire et de la fortune, songea à détruire, les uns après les autres, les petits états des Latins en Grèce; il exigea, pour la rançon du prince d'Âchaïe, les villes de Maina, Sparte et Malvoisie, qui le rendaient maître du Péloponèse.
an 1261
Le duc de Naxe, efifrayc des progrès de Michel Paléologae , vola au secours de Tîle de Milo , la plus voisine des nouvelles possessions de Tempereur grec, et la plus exposée. Il la trouva en pleine révolte ; la garnison et tous les Latins avaient été chassés de cette île et de la forteresse. Sanudo rassembla , sans perdre de tems, toutes les forces des îles voisines, et, aidé de plusieurs aventuriers français qui avaient pris parti dans ses troupes, il enleva d^assaut la place de Milo, dont les habitans se défendirent avec fureur. L^île entière rentra peu après sous sa domination, et Sanudo mit tous sts soins k y épargner le sang des rebelles, an ia63 (]ç géuéreui prince mourut peu après dans cette
" ^"^ île, laissant deux fils, Guillaume et Marc. IV. DUC. Guillaume Sanudo entra en possession des étals de son père à Page de vingt ans. Ce jeune prince, pénétré de l'importance d'arrêter les progrès des Grecs dans le Péloponèse, alla voir Guillaume de Villehardouin , pour le disposer à rentrer en possession du domaine qu^il avait cédé.
an iaB4 Lcs Véuitieus, le duc d'Athènes, le prince d*Epîre, ère vu g. ^^ ;^jj^jj^j'j.^y^ ^^* ^jç Sicile, son gendre, entrèrent dans