CHAPITRE III
Anciens noms de Hle de Leucade. — Origine de sa célébrité.
Là k pointe du continent qoi fonne anjonrd^hui nie de Sainte-Maure, fut nommée par Homère Niritos '. Elle fut connue par le géographe Ptolémëe , sous le nom de Leucas; par Pline , Strabon et Pomponius Mêla , sous celui de Leucadia. Tous les historiens et les géographes de l'antiquité ' ont pensé que cette île tenait autrefois à rAcamanie , avec laquelle elle formait une presqu'île , et qu'elle fut séparée du con-^ tinent par ses habitans. Elle fut depuis rattachée à la terre par Tamas de sable qu'amenèrent dans le canal qui l'en séparait, les vents et le mouvement de^
* Hom. Odyss. Lib. XXIY ; liiad. Lib. H. « Tbncjd. Lib. I. — Strab. Lib. X. — Plin. Lîb. IV, cap. i et II. — Pompon. Mel. Lib. II . — Tit.-Liv. Uecad. IV , Lib. nu
vagaes '. Homère , en donnant Tépithè te de puissante' à la capitale de cette presqu^îIe , en citant Croc jlée et Egilipe ' , qui y étaient situées , donne à croire que^ de son tems, elle jouissait déjà de quelque célébrité. Mais le temple d'Apollon fiit surtout, pour cette île, la cause de sa plus grande illustration. Il était situé à Pextrémité du promontoire de Leucade , sur cette pointe élevée où les amans malheureux venaient chercher le terme ou Toubli de leurs maux , en se précipitant dans les abîmes de la mer. Ce rocher fatal a été consacré par la fin tragique de Pimmortelle Sapho. Le culte des Muses n'avait pu guérir son coeur d'une funeste passion ; brûlant d'un feu qui n*était point partagé, elle ne put supporter la vie , et vint éteindre dans les flots de la mer Ionienne la flamme dont elle était consumée. Dès-lors , ce promontoire devint, pour les poètes grecs , le théâtre de brillantes fictions ; leur vive imagination y multiplia les aventures , et l'on ne parla plus qu'avec enthousiasme du ùmeux saiU de Leucade.
■ Voyez plus loin. Livre VI et dernier, la partie oà il est traité de Leucade sous le rapport géographique et statistique. * Hom. Odfss. Lib. XXIV.
3 Hom. Iliad. Lib. H.