LIVRE IV, PART. III, CHAP. III. sSl
Le èùc de Naxe jooit d'une profonde paix , depuis celte ëpoqne jusqu'à sa mort, arrivée quatre ans après. Il ne laissa que deux filles, dont Faînée, mariée à Do^ niinique Pîsani, devait hériter de ses états. Le duc, par les, dispositions de son testan^ent, intervertit cet ordre de succession , et donna le dodié de T Archipel à Jean Crispo, son firère.
Jean Crispo fut mis en possession de ses états etxyiii«.»uc. reconnu pour souverain, sans épcouver le moindre obstacle ; mais ce fut par Fing^titude et les vexations, qu^il paya 1 attachement de se's peuples. Voulant retirer Tile de Santortni, que ses prédécesseurs avaient enga* gée pour de grosses sommes, il ne craignit pas d'accabler d'impâts 8e& malheureux sujets dont i) excita le mécontentement; et bientôt il vit de toutes parts éclater des séditions ,contre lui.
Les Naxiotes armés en voulaient à $ts jours , et ils l'assiégèrent dans sa capitale, qui serait prdi>aJ)1email tombée en leur pouvoir , si le duc n'eût été secouru à tems par des galères de Rhodes, qui pa^ônrent à l'arra-* cher à la fureur des séditieux. £ehappé à un aussi grand Ranger, Crispo ne sut point profiter des leçons de l'ei^érienqe , et abusa encore de la victoire ; U
reste de sa vie s^ëcoak dans des troubles contîniiels, et Ton pense que ta haine de ses peuples précipita le moment de sa mort , qui arriva après cinq ans de rè^e. Il laissa un fils unique qui lui succéda.
aaxc. Dua D'abord la tranquillité sembla renaître avec FVaaçois Grispo ; msus bientôt il se trouva engagé dans h longue guerre que Bajazet, empereur des Turcs, déclara aux Vénitiens en 1492-
an 149a II alla joindre la flotte vénitienne à Napolî de Romanie , et se trouva avec quatre vaisseaux k toutes les opérations militaires de la flotte chrétienne. Il commandait Tune des cinq galères qui traversèrent audacieusement la flotte turque, pour entrer dans le port de Modon et secourir la garnison de cette place assiégée ; et il «ut la douleur de la voir enlever sous ses yeux sans pouvoir la défendre. Les habitans fureni passés au fil de l'épée. La plupart des Modonais s^étaient empressés d'accourir au-devamt du secours qu'ils appelaient de tous leurs vœux; les Turcs, qui épiaieni chaque mouvement des assiégés , profitèrent de ce moment pour donner l'assaut, et ils s'emparèrent de l»viHe. Le duc de Naxe , ^i avait été ta cause bien involontaire du désastre de Modon , traverser de nouveau