‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 135 sur 197 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Politique du sénat de Venise. — Décadence de cette république.

DiMS toutes les guerres que Venise eut à soutenir contre la puissance ottomane , le premier soin de sa politique fut toujours de chercher des appuis et de» défenseurs contre un aussi formidable ennemi. Le prince dont ils croyaient alors ne jamais payer trop cher les secours , ëtait Fempereur d^ Allemagne » devenu , par sa position , comme la sentinelle avancée des états chrétiens , et le plus incommode surveillant qui tint en bride Constantinople; mais ce souverain ne consultait guère les intérêts de la république vénitienne, ni les liens qui Punissaient à elle, lorsquMl éprouvait le besoin de conclure la paix, ou de porter ses armes ailleurs; ce qui, bien souvent, mit les Yénitiens dans le plus grand danger. Us se trouvaient à la £n d'une guerre, épuisés par dHnnombrables sacrifices, sans alliés, et forcés de soutenir seuls un fardeau qui les accablait : heureux alors, quand ils pouvaient

se trouver compris dans des traités généraux ; mais s^ils n'y réussissaient point, les Turcs, profitant de leur abandon et de leur faiblesse, leur imposaient les conditions les plus désavantageuses. Ce fut ainsi que dans les derniers tems , la république de Venise , qui ne pouvait plus se passer d'alliés, fut sacrifiée k leurs intérêts, déchût de sa grandeur, perdit ses états , et enfin sa considération en Europe , par la neutralité qu'elle gardait dans les affaires du continent. Telle est Taltemative où se trouvent les petits é(ats, que s'ils veulent conserver la paix , ils perdent leurs protecteurs et leurs alliés^ et que, pour se les ménager, ik sont obligés de se sacrifier pour eux dans la guerre. an 1718 Corfou, échappée à la fureur des Turcs, semblait destinée à éprouver tous les genres de malheurs; et à l'époque de la paix , cette île fut le théâtre d'une catastrophe épouvantable. La foudre tomba sur la citadelle, et mit le feu à trois magasins à poudre qui sautèrent à la fois. Toute cette forteresse , les fortifications et une partie de la ville , furent détruites entièrement; quatre galiotes et une galère coulèrent à fond dans le port, et les autres bâlimens de la flotte forent tous endomma^.

Page 1