CORFOU, CHAPITRE V
et les partis étaient sur le point dVn venir anx mains, quand les Rosses arrivèrent à Corfou, au mois d^aoât 1802. Ils sentirent Timpossibilité de laisser aux Iles Ioniennes cette funeste constitution; en conséquence^ M. de Moncenigo, ministre plénipotentiaire russe, fit quelques réglemens provisoires, qu^il proclama par un manifeste en septembre 1 802 , et autorisa chacune des îles à nommer et à envoyer k Gorfou des dépotés , pour convenir entre eux des bases fondamentales: dWe nouvelle constitution. Toutes se soumirent à cet ordre. Les députés se réunirent à Corfou , au nombre de quarante , se formèrent en assemblé» constituante , et nommèrent une commission de neuf, membres , chargée de préparer le travail qui devait ensuite être présenté à la discussioïi et à la sanction de rassemblée. Cette commission, désignée par lui, se* soumit à son plan et à ses vues ; et telle (ut Tinfluence de ce ministre sur toute la députation, que le pA>jet de constitution, ayant été présenté à Fasseroblee constituante le 23 no-^ vembre,'fut discuté et adopté en entier le même joor. Cette inlluence dû ministre, ^t cette précipitation de rassemblée renversaient, dès sa création, tout Té* difice constitutionnel, en détruisant Tillusion de liberté
348 DESCRIPTION ET STATISTIQUE, de suffrages et d^examen réfléchi, attachés aa choîx d^une constitution. Aussi , jamais loi ne fut-elle moins respectée et plus souvent violée que celle-là. La cour de Russie y proposa d^abord àt& réformes et des changemens. Une commission de dix membres fut chargée de dresser le projet de ces modifications, pour le soumettre au sénat et à M. de Moncenigo.
La nouvelle rédaction fut envoyée à la cour de Saint*J?étersbQurg, qui, après de nouveaux change* mens tendant \ centraliser et augmenter le pouvoir exécutif, arrêta enfin un plan d^nitîf qu'elle adressa à $on ministr% plénipotentiaire. Celui-ci convoqua à Gorfou le corps V législatif, qui s'assembla le lo décembre 1806 ; le projet fut reçu et approuvé sans restriction, le i5 du même mois.-
Cependant les évéuemens ne permirent pas la mise en activité de cette dernière constitution , et c*est celle de i8o3, qui subsistait dans les îles, mais toutefois avec de nombreuses modifications, quand les Français les occupèrent en 1807. EUes^iurent gouvernées alors conformément au déci^et impérial du 10. novembre 1807, en conseryant celles de leurs auciennes institutions que ce décret avait respectées.
PAXO. 349
PAXO.
Description de Hle de Paxo. — Population. — Culture.
£tat et estimation des différentes productions par année.
JL'llE de Paxo est située à troîs lieues au sud de Corfon, et celle d*Anlipaio, dans la même direcdcm , k mille mètres environ de Tîle de Paxo.
Cette dernière a deux lieues du nord-ouest au sudouest ; sa plus grande largeur est d^une lieue du sudouest au nord-est; elle a environ quatre lieues et demie de tour.
Cette île a quatre ports assez bons ; Tun d^eux , celui de Gajo , pourrait recevoir des frégates. II est couvert par un écueil, sur lequel il y a une batterie qui peut défendre avantageusement les deux passes.
Cette île est remplie d'oliviers. L'buile que les
35o DESCRIPTION ET STATISTIQUE, habitans en* retirent est plus estimée que celle d^aucune autre des lies Ioniennes ; elle produit en outre un peu de vin.
Les Paiiotes tirent de Tîle d^Ântipaxo, qui a près d^une lieue de toar, un peu de froment; mais cette ressource est loin de suffire à la consommation.
Cinquante quatre familles» formant près de quatre mille individus, composent la population de Tile; cette population est répandue sur tonte la surface du pays , et occupe des habitations séparées.
Le bourg de Gajo seul contient une cinquantaine de maisons.
11 ne se trouve pas du tout d'eau douce dans lue de Paxo.
lEUCADE, CHAPITKÏ: I. 35