‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 26 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE III. Sg · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE III. Sg

grands maux à Tile de Corcyre , et qui faillit Tentraîner à sa ruine >.

Les Corinthiens, à la bataille de Sybote, avaient fait plusieurs prisonniers, qui se trouvaient être des principaux de Corcyre. On les engagea facilement par de bons traitemens, et par la considération de leurs propres intérêts, à renoncer au gouvernement démocratique, et à opérer, dans leur patrie, une révolution , à Taide de laquelle les Corinthiens espéraient s^en emparer.

Tout semblait, à cette époque, favoriser un pareil h^ <»n»

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dessein^. Athènes, désolée par une peste craelle, avait vu périr une partie de son armée avec Télite de ses citoyens. Périclès n^était pins : ce grand-homme, après avoir gouverné seul la république , pendant un long espace de tems , et disposé non seulement de ses finances , mais aussi de Timmense trésor amassé par les Grecs à Délos, mourut en laissant après lui moins de richesses qu'il n'en avait reçu de ses ancêtres. Doué d'un grand génie , d'une éloquence per-

■ Thacyd. Lîb. III. — Diod. SicuL Lib. XII, cap. ZVIU * Thucyd. Lib. III.

6o HISTOIRE DES ILES IONIENNES,

suasive , il n^ employa des moyens si puîssaos sur ses concitoyens, que pour leur bonheur; il les mettait constamment en garde contre Tabus de sa propre autorité. Athènes devint par ses soins le séjour des beauxarts et la plus belle ville de Funivers. Le siècle de Périclès est encore compté parmi ces époques brillantes qui ont répandu sur les lettres un éclat immortel ; enfin ce grand-homme fit tout pour sa patrie et rien pour lui-même. Sa mort enhardit les ennemis d^Âthènes, et les Corinthiens profitèrent d^une conjoncture aussi favorable, pour exécuter leurs desseins contre Corcyre.

4a5 ans Les habitaus de cette île reçurent sans défiance et avec joie leurs compatriotes échappés de la captivité; Loin d^abandonner leur coupable projet , ces derniers commencèrent à semer le trouble et la division au sein de leur patrie ; le succès passa leur attente. Déjà un parti nombreux se forme , qui s^empare des magistrats nommés par le peuple, et les met à mort. Mais ce n'est point assez encore pour ceux qui veulent asservir leurs compatriotes ; ils ne rougissent pas d'appeler les étrangers à leur secours , et de mendier Tappui des ennemis de leur pays. L'armée pélopo-

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