‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 27 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE III. Gl · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE III. Gl

nesienne s^avaoce pour seconder leurs projets, bat les Corcyréens et les Athéniens réunis , descend H Leucymne , ravage la contrée , et vieût assiéger Corcyre.

G^en était fait du salut de la ville ; mais la flotte atliénîenne se présente tout-à-coup, et Tarracbe au plus pressant danger. À sa première vue, en effet, les ennemis effrayés lèvent le siège»

Echappé au péril , le peuple de Corcyre ne songe plus qu^à exercer sa vengeance sur les auteurs de tant de maux. Les nobles et les citoyens les plus considérables, enfin tous les agens de la révolution , sont envoyés au dernier supplice, ou bannis à perpétuité.

Exilés de leur patrie , qu ils avaient livrée à toutes les horreurs d'une guerre civile et étrangère, ces hommes, aussi lâches quejnéchans, étaient altérés de vengeance. Ils se retirent d'abord sur les côtes de TÉtolie, et y forment des établissemens. De là ces pirates odieux vont désoler leur pays natal par leurs courses et leurs brigandages , au point d'y anéantir toute espèce de commerce , et d'y porter le fléau terrible de la famine. Ils font plus encore : ils descendent sur le rivage de Corcyre, rentrent dans la ville, aidés

de ceux de leurs amîs qui s'y trouvent encore, et s'entr'ëgorgent pendant plusieurs joui^ avec les partisans du gouvernement démocratique. Dîodore dit à propos de cet événement, (ju^il ï!yeut de ce tems aucune viUe ou cité, ou ranimontk des deux partis JiU plus envenimée y plus acharnée à la perte Tun de P autre , et gui donnât lieu à de plus sanglantes révolutions que ceUe-là. Aussi, donna-t-on par la suite, en Grèce, le nom de corcyréeimes aux séditions dont les suites furent les plus funestes '• Cependant les bannis furent chassés de nouveau, et se retirèrent sur le mont Isthone qu'ils environnèrent de murailles : là , retranchés et domînant une partie de la plaine , ils tourmentèrent long- 423 ans tems encore les habitans de Corcyre. Ce ne fut que deux ans après , que les citoyens de cette île , aidés des Athéniens, s'emparèrent du mont Isthone et des fortifications des bannis, auxquels on accorda une capitulation *.

On les transporta dansTîle Pytia^ qu'îl leur était

> Dîod. Lîb. XII, cap. xvi. — Tliucyd. Lib, IIL * fhucyd. Lib. IV.

• Aujotirdliuî recueil de Vido.

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