IIVRE II, CHAPITRE III
g:aeiTe du Péloponèse et embrassé la cause , ou d^Â-
thènes , ou de Lacëdémone , espéraient , à la faveor
delà trêve conclue entre ces deux états, jouir de
quelque repos; mais Içs Athéniens avaient résolu la
conquête de la Sicile; et celles de ces îles qui leur
étaient alliées, Corcyre, Céphallénie, Zacynthe, leur
offraient un voi^nage avantageux , et de nombreuses
ressources pour cette importante expédition.
Gorcyre fut le rendez-vous et farsenal de la flotte 4i3 ans w / , , av. J. c.
d Athènes , composée de cent trente-six voiles , qui partit pour assiéger Syracuse \
DW autre côté, Gylîppe assemblait à Leucade les <" 1"'
^ • 1 • o 1 av. J. c.
secours que Connthc envoyait aux Siciliens. Ce fut en quittant cette île, que cet illustre Corinthien osa , avec quinze voiles seulement , traverser la flotte d*Athènes , et qu'arrivant à Syracuse, il sut, par Texemple de son courage et ses habiles dispositions, mettre cette ville hors de tout danger. Vainement Nicias employa tour à touir la prudence et la valeur; vainement Bémosthènes rassembla toutes les ressourcés de la république, épuisa tous les renforts qu'offraient à sa
• Diod. Lîb. XIII , cap. i. — Thucyd. Lîb. VI et VIL Hist des lies loRÎinnes et Atlas, 5
niariae Corcyre, Zacynlhe, Cephallénle et Naxos : Tarmée entière périt ou fut réduite en esclavage ; et de ce cruel revers datent la décadence et même la raine de cet état florissant.
En effet 9 une révolution intérieure opérée quelque
tems après, k la suite d^intrigues coupahks, suffit
pour lui porter une atteinte mortelle j et la perte de
4o4 ans ig^ bataille d'^gos Potamos ouvrit les portes de la su-
av. J. G.
perbe Athènes aux troupes lacédémoniennes , commandées par Lysander. On sait à quelles humiliantes conditions la patrie deThémistocle, assiégée parten*e et par mer, obtint la paix. On ne lui laissa que douze galères. Les fortifications du Pirée et une partie^ des murailles furent démolies au son des flûtes et des ti*ompettes, Tanniversaire même de la journée mémorable de Salamine, où les Athéniens avaient délivre toute la Grèce de Finvasion des barbares. Pour dernier affront, Lysander changea la forme du gouvernement, détruisit la démocratie , et imposa aux vaincus Tautorité de trente tyrans.
Un destin non moins déplorable attendait sans doute les îles et les villes alliées d^Âlhènes. Une attaque terrible fut bientôt dirigée contre elles; Naxos