CHAPITRE V
Évënemens arrivés dans les Iles Ioniennes fosqu^an règne de Pjrrhus , et jusqu^à la première eipédition des Romains en Grèce.
36o ans
%^^ Les Lacëdëmoniens, maîtres d^Athènes, avaient ap-
pesant! leur joug sur tous les peuples de la Grèce. Les Thébains , se réveillant les premiers de cette longue léthargie, secouèrent le joug deVétranger, et coururent aux armes ; Epaminondas et Pélopidas en avaient fait un peuple nouveau , digne de combattre les Spartiates , et même de leur disputer la victoire. Leuctres fut le théâtre d^nne bataille sanglante ^ dans laquelle les Thébains remportèrent davantage; mais les Athéniens, bientôt jaloux de Pagrandissement de Thèbes, ne rougirent pas de s^allier k leurs ennemis naturels, contre leurs vengeurs. La victoire pourtant n^abandonna point les drapeaux des Thébains , et les champs
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de Mantinée luirent encore leur gloire et la honte de leurs adversaires.
Cette joumiée révéla le secret de la faiblesse d'A-thènes et de Lacédémone , et dès-lors leur décadence
fut rapide. Le souvenir de leur antique splendeur, les noms de leurs grands hommes , toutes les idées de bonheur et de puissance qui se rattachaient à ces deux républiques , imprimaient encore la crainte et le respect ; mais les revers de Leuctres et de Mantinée vinrent déchirer le voile glorieux qui les environnait, et les petits états, encouragés par T exemple des Thébains, ne songèrent^plus qu^à venger leurs ancicmes injures en résistant à Voppression* Cest ainsi que se préparaient dès-lors les succès de Philippe , et la défaite de Cbéronée, qui perdit la Grèce.
Au milieu de tous ces événemens , Naxos ccmtinua d^appartenir aux Athéniens, et Cjthère aux Spartia* tes. Les autres Iles Ioniennes, exemptes d^une domination étrangère , maintenaient lear liberté par des alliances avec les états voisins , et participaient aux plus importantes expéditions de ces tems reculés.
Huit cents Zacjnthiens , montés sur deux bâti- 355 ans mens légers , et commandés par Dion , ne craignirent
78 HISTOIRE DES ILES lOKlENNES,
pas d^afironter toute la puissance de Denys le Jeune, et de tenter la délivrance de la Sicile ' : ils réussirent dans ce hardi dessein , et détrônèrent le tyran ; heureux si, dans la suite, ils n^avaient pas souillé une
aussi belle action par le plus exécrable attentat !
Egarés par des traîtres , aveuglés par une avarice insatiable^ ils osèrent porter une main criminelle sur le généreux Dion ; et changèrent ainsi leur gloire en un étemel opprobre.
Bientôt après, Corinthe , Corcjre et Leucade en- ^ /r noyèrent un nouveau secours à Syracuse \ Timoléon, qui le commandait, arracha cette ville aux Carthaginois, les chassa entièrement de la Sicile, après les avoir défaits en plusieurs rencontres , et rendit à celle île la paix par ses victoires, et le bonheur par la sagesse de sea lois^.
Corcyre, jouissant de son indépendance et delà
« DîoA Lîb, Xyi , cap. iv.
• Sept navires de Corinthe , dont deux de Corcyre , et un de Leucade.
^ Plulai'ch. in Vita TUnoleon. ^ Dîod. Lib. XVI , cap. xix.