‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 36 sur 197 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

tranquillité intérieure , répara ses pertes , s^ enrichit par le commerce , et vit son alliance recherchée de tous ses voisins. Âristote trouva dans son sein .un asjle contre les persécutions et Tintolérance des Grecs. Accusé par eux d^avoir profané leur religion en divinisant une courtisane , peut-être aurait-il partagé le $ort de Socrate, s^il ne se fut dérobé de suite au danger. II prit tellement en affection son nouveau séjour, qu^il engagea son élève Alexandre à venir Vy visiter ; le jeune héros ne quitta Corcyre que pour voler à ses brillantes destinées. L^ambition d'Agathocle, 306 ant tyran de Syracuse, troubla la paix et le bonheur des *^* Corcyréens. Il attaqua leur île, lorsque, tranquille sur un autre point , il venait de battre les Carthaginois jusque sous les murs de Girthage ; et la diligence qu'il mit dans cette attaque ne laissa le tems à aucune puissance de la Grèce de secourir Tile , qui fut prise , ainsi

que la ville , malgré la vigoureuse défense que lui opposèrent ses courageux habitans.

Âgathocle laissa à Corcyre une forte garnison, et retourna en Sicile ; les Corcyréens, peu accoutumés à un joug étranger, le secouèrent bientôt, se défirent de la garnison et recouvrèrent ainsi leur liberté. Une

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résolation aussi courageuse les exposait à toutTecou^ roux du tyran de Syracuse ; et probablement ils en auraient, éprouvé les terribles effets , si d'autres soins ne Ten eussent détourné. Il avait lui-même à se défendre contre les continuelles incursions que les Africains faisaient dans la Sicile : la révolte de plusieurs peuples, et la trahison des Mamerlins, achevèrent par la suite de le distraire de sa première entreprise ; mais il transmit ses projets sur cette île à Pyrrhus , auquel il fit épouser sa fille Lanessa , en lui donnant pour unique dot les droits quHl prétendait avoir sur

3oo ans Corcvre.

ay. J. C •'

Pyrrhus trouva bientôt une occasion de faire valoir ses prétentions, et de les appuyer les armes à la main. Les Tarentins Tayaut appelé en Italie , ce prince , dans le vaste plan de conquêtes qu'il méditait, pensa que Corcyre était favorablement située pour lui servir de point d'appui. Il Fattaqua d'abord sans succès ; il échoua même dans une seconde tentative : mais les Corcyréens, auxquels ce double échec de Pyrrhus avait inspiré trop de confiance, ayant fait une expédition en Crète ; leur pays, pendant ce tems , resta sans défensf , et il fut aisé au roi d^Epire de s^en emparer : il

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