LIVRE III, CHAPITRE V. Ii
torts qa'avait préteDdu punir son père, et plus tard il favorisa cette île dans toutes Tes circonstances. Voulant marquer leur gratitude à Temperenr, les Corcyrëens célel)rèrent en son honneur des jeux et des fêtes. Entre autres spectacles fameux institues en cette occasion , le plus remarquable fut , selon Dion Cassius , un combat navsâ, figuré dans un lacT artificiel on naumachie, entre deux escadres; Tune, représentant une armée corinthienne, et Fautre une flotte corcyréenne.
Titus, que Ton surnomma les délices du genre ^^ humain, mourut après un règne trop court ; il ne fit ^® ^"'s* que pendant deux années le bonheur de Rome, et la gloire de Tempire. Son frère Domitien, qui lui succéda, abandonna ses traces, pour suivre celles de Ti- ^« ^"^ghère et de Néron ; et ses folies et ses crimes ne donnèrent que trop de fondement aux soupçons affireux qu^avait fait naître la mort si prompte de Titus.
Nerva, par la douceur de son gouvernement, fit ou- ^ blier au& Romains }a tyrannie de Domitien; ce prince ^■'^ ^°^' régna sur le cœur de ses sujets. Les Corcyréens, roulant consacrer le souvenir de ses vertus, frappèrent en son honneur des médailles, dont plusieurs subsistent encore.
Il6 HISTOIRE DES ILES IONIENNES,
an 98 ]l reste aassi quelques -ones des luonuaies qa^ils
dédièrent à Trajan , le père de la patrie ; peut-être le servirent -ils dans ses nombreuses expéditions. Ce prince fut le bienfaiteur de leur commerce , en détruisant entièrement la nation juive, qui s^en était emparée, «n 117 Aucune médaille, aucun monument ne rappellent k
cre vulg.
Corfou les victoires et les l9Dgs voyages d*Âdnen, qui
succéda à Trajan par adoption ; mais les Corcyréens
an i38 signalèrent, par des médailles, le règne d^Antonin le
ère vulg.
Pieux, son successeur. Ce bon prince, qu^on nomma le modèle des rois, ordonna qu'on laissât aux chrétiens le libre exercice de leur religion ; il voulut même qu'on punît leurs calomniateurs.
an 161 Les Corcyréens offrirent encore comme un Homère, val g.
mage , leur monnaie à Marc-Aurèle et à Faustine , sa femme, avant même qu'adoptés par Antonin, ils lai succédassent à la couronne.
Lucius Yérus , associé à l'empire , obtint de ce peuple, non seulement des honneurs, mais encore un puissant secours d'hommes et de vaisseaux , lorsqu'il arriva dans leur île avec l'armée romaine destinée à combattre les Parthes. Les insulaires méritèrent par