IIVRE III, CHAPITRE VIL
▼aîncu et détroit entièrement Tarmëe de Tempereur Dèce, qui périt lui-même dans le combat , ils forcèrent Gallus, son successeur, à une paix honteuse. Delà, se répandant comme un torrent dans la Thrace, la Mœsie , l'Asie Mineure , la Bith jnie , rÂchàîe , la Macédoine et TÊpire, ils firent trembler bientôt toutes les provinces de l'empire. Les Corcyréens eux-mêmes craignirent , avec raison , Tapproche de ces barîiares , qui menaçaient de passer la mer ; et réduits à se défendre seuls, n'ayant rien à attendre d^s empereurs romains , qui donnaient en ce moment le honteux exemple de la lâcheté , ces insulaires résolurent cependant de combattre jusqu'à la dernière extrémité , pour la conservation de leurs droits et Thonneur de leur patrie. Us formèrent à la hâte , dans Tile et ses colonies, une troupe de braves que Démétrius, leur capitaine général, conduisit en Epire. Le succès vint couronner de si nobles efforts; et les Goths, après avoir essuyé une défaite complète, furent contraints d'abandonner le pays qu'ils désolaient.
Ainsi, les habitans d'une petite ile, sans autre ressource que leur courage et leur amour pour la liberté, résistèrent au colosse contre lequel était venue échouer
toute la paîssaoce romaine. Mais, vainqaears des barbares, ils furent pen de tems après la proie d*an antre fléau , peut - être plus terrible encore. Une peste cruelle, qui moissonna Tannée, étendit ses ravages jusqu^à Corcyre ; et bientôt cette puissante cité et Vile tout entière devinrent un immense tombeau.
Les Corcyréens , écbappés à tous ces désastres , attribuèrent leur délivrance à Fintercession de leurs saints ; ils crurent donc avoir de nouveaux motifs de persister dans le christianisme , et redoublèrent de foi et dliommages pour saint Jason et saint Sosipatre.