LIVRE 111, CnAPITBE VIII. iSS
la dissolution de la pIusTonnidable puissance qui ait jamaij» pesé sur la terre. Elle aoraitpu contribuer au bonheur et à la civilisation de toutes les parties- d» monde , dont elle ëtait le lien et le centre commun , si des doctrines serviles et superstitieuses n^eussent fait re'trograder Tesprit humain, qu^avaient commencé d'éclairer les sa^s de la Grèce, et les grands hommes des derniers tems de la république du siècle des Césars.
Constantin, en mourant, partagea Tempire entre- an-^^Q, ceux de ses fils qu'il n'avait pas fail égorger, et cette division contribua beaucoup à l'affaiblissement de ce grand corps. L'aîné des trois firères^ Constantin, mé* aaS^o content de la part qm Im était échue ^ attaqua Cens?* tant : mais il périt dans une embuscade près d'Aaul- *" ^^^ lée : le vainqueur, à son tour, tomba victime de la conspiration de Maxence,. qui se fit déclarer eo^pereur à sa place , quoique ce dernier et Yitranion,, autre usurpateur, eussent été vaincus par Constant II. Ce prince , trop fiable pour supporter seul , au milieu des troubles et des dissensions, le poids de tout l'enir pire,, fut contraint de l'abandonner à Julien.
Avec cet homme immortel y ToiBAire de Rome an- • tique y semble sortir de la poussière, pour jeter un
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noavel éclat. ÊleTë k iVcele ^Ses philosopbes At Tantiquîtë, Julienb fait monter avec lui snr le trône la douce tolërance^ et la philosophie ; s^il veut attaqaer lea superstitions d^on culte qu^il croit faux et nuisible/ il laisse de côté les armes toujours odieuses de la p^sécntion ; et, content d^employer setdemenl k ndicule, c^est par des plaisanteries fines et spirituelles qu^îl remplace les instrumens de supplice , employés par ses prédécesseurs. Les ennemis du sens commun Vont peint sous des couleurs plus noires que Néron luîméme; et Julien est de tous les empereurs, celui dont on a le plus calomnié la mémoire. On a voulu fié trir du notn d*apostat celui qui , prenant la tolérance pour guide, nMmposa de culte à aucune conscience, et sut respecter au contraire toutes les opinions, tandt s-qu^on illustra du titre de grand ce Constaïitin, dont notre Qdvîs, suivitles tiiaces, pour être, à la vérité, le fondateur de la religion chrétienne, mais en même te&is rimpitoyable bourreau de sa famille, et la terreur de ses sujets. La postérité n^a tenu aucun compte des imputations cidomnieuses imposées par la sottise et la partialité; elle a placé Julien à côté des Marc-Aurèle et des Ântonin* Sous son règne, malheureusement trop