‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 64 sur 197 · LIVRE III, CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VIIL

jugent plus les rois que sur le bien^quMIs ont fait aux hommes, ont refuse à Constantin ce qui doit être la récompense des grandes actions et^ des grandes ▼ertns. La fortune Fâccômpagna dans toutes ses entreprises; il dé&t lfaxeae« qui avait déttdné Galère, battît tous les ennemis de Fempire, et,* après avoir vaincu Licinius, qui ne survécut qae de peu de tems, il resta seul empereur et maître du monde. La religion an 3a3 . chrétienne fat tovjoors Tobjet de sa protection; éclairé, dit-on, par Tapparition miraculeuse du labarum , il la fit asseoir sur le trône impérial , lorsquMl quitta Rome pour la ville qui porte son nom. Les Corcyréens consacrèrent, parades médailles en ITionneur de Constantin , les importMs services qu'il avait rendus à une religibi^ qui, depuis long-tems, était la leur. Us rendirent les plus jprands honneurs à sainte Hélène , sa mère, lors de son passage dans leur île , pour se rendre en Palestine. Vingt vaisseaux , armés et équipés, durent Taccompagner dans son voyage, qui avait pour but la recherche de la vraie croix ; et il parait même que les Corcjréens eurent une grande part à la découverte qui en iut faite , puisqu'ils reçurent, pour récompense, un des trdis clous qai

HUt, des lies Ioniennes et Atias, 9

l3o HISTOIRE DÈS ÎLES IONIENNES,

furent trouvés. Ce clou était devenu pour eux une sorte cle Palladium; et, dans plus d'une ârconstanee, on assure qu'ils le jetèrent dans la -mer, pour calmer les ora^s et préserver leurs flottes de ta tempête ; i) revenait sur IVau,' après âv^ir produit VeBet qn^ea attendaieqft !ès Corcyreens ' ; ce qui , dk un grave historien y confond les railleries des incrédules qui attaquent rauthenticité de la vraie croix et des sstinu clonS) parce que, disent41s, îb taraient pu être les instrumens de la mort du mauvais larron, tout aussi bien que de la passion de Jesns^Cbrist L'histoire doit signaler toutes ces superstitions , pour indiquer les causes de la dég^dation d'un peuple , et de la ruine des états. Lorsque des hommes jettent dans la mer nu clou Ipour apaiser les flots , et qu'ils croient à l'efficacité d'un pareil moyen^ doit-on s^étonner ensuite de les voir humbles esclaves d^s momenés superstitieuses du Bas-Empire, du régime aristocratique Je Venise, de la brutalité musflhnane , et de la protection britannique?

an 3a5 AppolUdorc, évêquc de Corcyre, se trouva au cou-

ère valg.

» Marm. Istoria dl Corfii.

LIVBE m, CHAPITRE VIII. i3l

elle de Nicëe ; il fut Tuii des plus ardens à condamner les erreurs des Ariens, et son xèle contribua beau* coup à garantir ses diocésains des schismes qui déchiraient alors FEglise.

Constantin, qui, depuis long-tems, méditait le projet de dianger la capitale de sou empire, choisit enfin la situation de 0^zatice, qui est Tune des plus belles de l'univers, ha^ ville avait été ruinée par Pen^ereûr Sévère; mais elle fut «bientôt rétablie ;^ son enceinte ^^ ^^

ère vuig.

fut agrandie, et des tdeftj^es et des palais magnifiques la rendirent dig&e d'être la métropole d'un grand empire. Scftt fondateur lui fit porter son nom, qa'^e conserve encore aujourd'hui, du moins parmi les chréfienâ. Constantin, en transférant le siège du gouvernement à Byzance, porta le dernier coup à ta grandeur de Roipe, de l'Italie et de l'em^ûre d'Occir dent. Exposés continuellement aux attaques des bar* bares, ces pays, demeurés sans défense, ne purent résister long-tems , et se trouvèrent bientôt envahis par des |^uples - vaillans et nombreux. Mais cette translation, qui devint si funeste à -Rome^ fot-eHe avantageuse à la Gvèce? C'est une question qui n'est pas encore entièrement éclaircie : cependant, s'il eat

l33 HISTOIRE DES ILES IONIENNES,

permis de juger par les faits qui ont suivi ce grand évâiement, on peut croire t[uHl a eu sur le sort de la tjrèce, une influence malheureuse. Quelques observateurs des tems passés ont remarque que de Constantin datait la véritable barbarie de TEurope ; et tous les faits que Thistoire offre depuis , donnent encore plus de fondement à cette idée. Et «a effet, Tétat actuel de la Grèce, jadis si florissante, actuellement désolée; la domination ottomane, si fiauûlement étendue sur un peuple dont les ancêtres <dvaient résisté à la puissance des Perses, ne feraient-ils pas oroire que Constantin a étouffé, chez les Grecs, tous les généreux sentimens qui furent la source de leurs belles jetions ? Les ténèbres de la barbarie sVpaississent mal* heureusement bien vite, et déjà il n^était plus tems ^e les dissiper, quand le grand Julien voulut Tentreprendre.

Gf^i aussi dans ces tems, que se formèrent, des divers débris de Pempire , les royaumes des Gdths, des Francs et des Lombards, qui sont comme la souche de toutes nos monarchies modernes : les Huns et les Vandales viennent ravager et désoler les provinces romaines; enfin, on est arrivé à Tépoque de

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