‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 8 sur 197 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

beuT de ce hëros, si loog-tems poursuivi par la fortune.

Tel est, en peu de mots, le récit sknple et touchant que fait Homère de Taccueil que reçut Ulysse chez les Phéaciens. On peut y voir quelle était sur Findustrie et les mœurs de cette nation, Topiniou du grand peintre des nations de Tantiquitë '.

Les Corcyreens prétendaient descendre des premiers Phéaciens, et ne voulaient point reconnaître pour leurs fcmdateurs les habitans de Corinthe, quoique ceux-ci eussent de grandes prétentions à cet honneur. Quoi qn^il en soit, Ârchias envoya dans cette île une colonie de Corinthiens., sous les ordres de Chersocrate Héraclide , vers Tan 703 avant J. C. ,

" JLe^ ouvrages dHonèfe.nous ofiBreoi à chaque instant des preuves du peu de relations qui existaient alors entre les peuples ; la moindre distance , en séparant les sociétés naissantes , leur dérobait la connaissance de leurs plus proches voisins. On débitait les contes les plus absurdes sur une !le dont on apercevait les sommets , et qui n'était éloignée que d^nne journée de navigation. Les affiôres d'Itbaqae étaient alors au moins aussi étrangères aux Pbéaciens , que nous le sont aujourd'hui celles des lies de la mer du Sud. Note des Édit*

et c est de cette époque qae date Thistoire positive de ses habitans, devenus nombreux et puissans.

La famille des rois de Scbërie, descendans de Pbeax 9 était éteinte ; Cbersocrate fut fait roi. II bâtit Chersopolis sur la presqu île qu^ occupe à présent Gorfou; il Torna de palais, de fontaines et de tout ce qui peut embellir une grande cité. L^eau y venait par un superbe aqueduc , dont l'étendue était de douze milles , et dont on voyait naguèrç encore les vestiges '. Ce roi fut assez puissant pour fonder vers la fin de son règne , sons la conduite de Phalie, de la race d^ Hercule , une «olonie en terre ferme qui fat appelée Epidamne *. Les Aornains nommèrent cette ville Dprachitun ^, de Dyrrachus qui en bâtit le port; c^est anjourd^hui Duraszo sur la côte de FAlbanie.

Les CorintbieDs et les Corcyréens fcmdèrent à la

• Voyage de Spon, Tom. I, Lîv. ii.

* Thucyd. Lil>. I.

3 Pkut. Meneckm. — Strab. Lib. VIL — PUn. Lib. IH et IV, cap. XXIII, xXTii. -^ Liicaa. OceL Lib. X. -*- Catnl xxxvii, — Pompon. Md. Lib. II, cap. m, DyrruchiwHf ùUm Kpidoonnus^

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même époque, Apoltonîe en Macédoine, rille qui devint célèbre par {a connaissance des belles-lellres et la cnlture de toutes les sciences.

A Chersocrate succéda son fils Akhémeus , et à celui -ci , qui sans doute mourut sans postérité , Ly** copliTon , fils de Périandre , tyran de Corintlie. Les circonstances de ce dernier événement méritent, par Icor singnlanté, d'être rapportées îcî. Lycophron aborda à Corcyre , lorsque fuyant Girinthe , il cherchait à se soustraire à la colère d^on père irrité; il reçut dans l'île Taccueil le plus franc et le plus gâié» reux ; les habitans voulurent lui faire oublier les désa* gr^mens qu^ll avait essuyés dans sa patrie; sur ces entrefaites, le trdneétSint devenu vacant, ils mirent la couronne sur sa tête '. D'abord, ils n'^eurent qu^à se féliciter de leur choix ; le nouveau roi se fit chérir de ses sujets par la douceur et la justice de son gou* vomement; mais, par la suite, il se réconcilia avec son père, et, comme pour cimenter leur réconciliation, il lai offrit dVchanger leurs troues. Périandre était redouté à G>rinthe ; il était en exécration parmi les

' Hérodot. Lib. 111.

Corcyréens, qui, 'bien loin d^accéder aux arraagemeBs de son fils y punirent de mort sa perfidie , et s^àigèrent en république pour échapper à la tyrannie da Corinthien. Celui-ci, impatient de venger sur eux, de la manière la plus éclatante et la plus atroce, le supplice dfe Lycophron , eut la barbarie d'envoyer à Sardes, pour y être mutilés, trois cents jeunes Phéaciens des premières familles qui se trouvaient alors dans ses états, par suite des relations des deux peuples. Mais le vaisseau qui les portait.fiit obligé de relâcher à Samos ; et les Samiens , instruits des cruels desseins de Périandre , délivrèrent les jeunes captifs qu^ils renm>yèrent sains et saufs dans leur patrie'.

Tel fut le sujet de la première guerre entre Corinthe et Corcyre. Elle se termina par une bataille navale. La flotte corcyréenne, quoique inférieure en nombre, triompha de celle de Corinthe par Thabileté de ses manœuvres '. La mort de Périandre , arrivée vers Tan 585 avant J. Ci , rétablit bientôt la paix entre les deux peuples; chacun par son industrieuse activité et

- Hérodot. Lib. III.

* Thucyd< Lib. 1^, cap. i.

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ses progrès dans la marine , donna lieu à cette nTaGté qui deyait durer jusqu^à la ruine entière de Tune des deux nations.

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