‹ Histoire de la Grèce. Description des îles Ioniennes, Corfou, Paxo, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zanto, Cérigo et Naxos; depuis les temps fabuleux et héroiques jusqu'à ce jourChapitre 7 sur 197 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ancien nom de l'ile de Corfov. — Histoire bbuleiise. — On'gîne de ses habifans. — Colonies fondées par les Corcjréens.— Première guerre de Corinthe et de Corcyre.

Le plus ancien nom de cette yille fiit Drepanum \ 11 se rapporte à la fable de son origine ^, et à sa

* Plin. Lib. IV, cap. xii. — - Callimacb.

* Hesîod. âe TA^o^mU.— Didym.— Hom. Odyss. Lib, Y.

f8 HISTOIRE DES ILES IONIENNES,

configaration ' , qai se rapproche assez de là forme d^une faux.

Sche'rie est le nom qu^on trouve le plus sonvent dans Homère' et dans plasîears autres poètes, qui la nomment aussi Phëada ^ , du peuple qui vint Thabiter, ou de Phéax, fils de Neptune et de G>rcyre, qui naquit dans cette île et foi Tun des ancêtres d'Al-

cinoûs^

Elle a pris depuis le nom de Corfou ^ , sans doute à cause de Taspéritë et de Tinégalitë du sol.

Les peuples qui habitaient cette île étaient renommes, dans la plus haute antiquité, par des vertus douces et des mœurs tranquilles. Bochart et Gigeius trouvent dans ces qualités Tétymologie de G>rc)Te, quHls font dériver du phénicien Karra ou Karkara, pays où Ton vit en repos.

- Ovid. Fast. Lib. III.

> Hom. 0^S9. Lib. V.

^ Ce mot, suivant Bocbart, veut dire, en phénicien , yiHe de commerce.

^ Diod. — Pausan. — Virg. JEn, Lib. V. — Lucan. OceL Lib. II.

^ Ko/av^v, le sommet, le baut.

LIVBE I, CHAPITRE I. 19

Suivant d'anciennes traditions , un roi nommé Nausithoiis fut le fondateur de Corcyre ; ce prince régnait sur un peuple habitant les plaines de Fflespérie. On croit que ce pays est une des contrées les plus fertiles de la Sidle , voisine du mont Etna. Forcé par les Cyclopes , hommes sauvages et barbares , de quitter cette heureuse contrée, il se réfvgia loin des nations policées, dans Tîle de Schérie, alors inculte et couverte de forêts; là, il bâtit une ville qn'il entoura de hautes murailles, éleva des temples aux dieux, partagea les terres , et fit enfin du bonheur de ses sujets Tobjet constant de ses pensées et de ses soins. Ce prince accompagna Jason à la conquête de la toison d'or. Le chef d'un des peuples qui s'est le plus distingué, à cette époque reculée, par son habileté dans la navigation , ne devait point être étranger à cette expédition, dans laquelle briHçnt presque tous les noms illustres de ces âges héroïques.

Les heureux Phéaciens, riches des produits de leur sol et de leur commerce , jouissaient des arts , doux fruits de la paix et de l'industrie. Le marbre , Tor et l'airain ornaient les temples de leurs dieux et les palais de leurs rois ; partout respirait non seule-

iO HISTOIRE DES ILES IONIENNES,

ment IVisauce, mais encore cette magnificence somp* tueuse qui accompagne les richesses. Ce fut dans ce tems que le malheureux fils de Laërte , quittent Tîlc de Calypso , fut jeté par la tempête sur les rivages de ce fortuné pays. Alcînoiis y régnait : il accueillit Ulysse comme un protégé des dieux , et les plus illustres Phcacîens, à son exemple, s'empressèrent de remplir envers lui les devoirs sacrés de Fhospitelité. Le roi et les douze principaux de la nation firent chacun don à rillustre voyageur d^un superbe manteau , d'une tunique et d'un talent d'or. Des vases richement ciselés, des trépieds, une épée de l'airain le plus fin, ornée de clous d'argent, lui furent encore offerts par d'autres habitans de l'île ; et un vaisseau neuf, bien équipé et garni de cinquante bons rameurs , fat disposé pour le ramener promptement sur les rivages d'Ithaque. Nausicae, fille du roi, ne put voir sans indifférence un héros, que tant de vertus, tant de belles actions distinguaient du reste des mortels. Elle l'aima : mais trop vertueuse pour s'opposer au départ d'Ulysse , et touchée d'ailleurs de sa constance pour Pénélope , elle se contenta de joindre ses vœux à ceux de tous les Phéaciens pour U tranquillité et le bon-

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