‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 105 sur 235 · CARACTÈRE ET FAUSSE POLITIQUE DE DI.EOS · texte numérisé non relu

CARACTÈRE ET FAUSSE POLITIQUE DE DI.EOS

apparaît comme un homme des plus vulgaires, sans talent, sans vues politiques profondes, s'abandonnant en même temps à toute impression nouvelle que le hasard lui faisait éprouver. Bien qu'il ressentît contre Rome la haine la plus ardente, lui, du moins, ne songeait pas alors à'entraîner dans une lutte désespérée contre Rome toute-puissante ses partisans, les démocrates du Péloponnèse. Si, dès ce moment il Tavait sérieusement voulu, il ne se serait pas attiré la haine de Sparte pour des motifs mesquins et purement personnels; ou du moins, en considérant la situation générale des affaires comme elle se dessina dans le courant de Tannée 149, il eût fait la paix avec Sparte à tout prix et le plus vite possible. Un Achéen qui eût songé alors à se battre une fois encore avec Rome pour l'indépendance de la Grèce eût pu ou bien amener dès à présent toutes les forces péloponnésiennes à l'homme audacieux qui précisément alors (voy. ci-après) avait soulevé la Macédoine contre Rome; ou encore, en alliant du moins quelque intelligence politique à son fanatisme, un pareil chef, tandis que, vers la fin de l'année 149 les Romains se trouvaient enga' gés en même temps et sur divers points dans des guerres très dangereuses, en Espagne, devant Carthage, en Macédoine, eût pu exciter énergiquement les passions politiques des Péloponnésiens et tenir prêtes les forces réunies des confédédérés, pour se jeter lui aussi sur Rome à la première occasion favorable, et cela non sans quelque chance de succès. Mais le misérable Diœos ne songeait pas à cela. Brouillé avec Sparte pour les motifs les plus bas, il n'avait, avec son horizon borné, qu'un seul but: se venger le plus cruellement possible de ces Spartiates qui étaient, en somme, depuis bien longtemps les ennemis de sa ville natale, toujours prêts à favoriser une politique sécessionniste et avant tout les protégés de Rome. Avec un peu d'empire sur lui-même, Diaeos, s'il n'eût pas voulu se mesurer avec Rome elle-même, eût pu, maintenant encore, prévenir ce qu'il y avait de plus dangereux dans cette tendance constante des Spartiates à violer certaines lois fédérales et à provoquer l'intervention de Rome dans les querelles des confédérés. Au lieu de cela, nous le voyons, ainsi que Ménalcidas, prendre plaisir à se rendre coupable de nouvelles bassesses.

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