‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 106 sur 235 · SOULÈVEMENT DU PSEUDO-PHILIPPE EN MACÉDOINE · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENT DU PSEUDO-PHILIPPE EN MACÉDOINE

En effet, les Romains •comme nous l'avons déjà fait observer, avaient précisément alors à faire au dehors et en divers lieux des guerres très importantes et extrêmement difficiles. Il arriva donc qu'en ne songea pas en attendant à envoyer en Grèce, comme on l'avait promis, la commission qui devait vider les misérables querelles des Spartiates. Sur ces entrefaites, Ménalcidas à Sparte et Diaeos au milieu des confédérés eurent le courage de tromper tous les deux leurs compatriotes. En s'appuyant sur je ne sais quelle raison spécieuse, Ménalcidas essaya de persuader à ses concitoyens que le Sénat s'était prononcé en faveur de l'indépendance complète des Spartiates : Diaeos, de son côté, affirmait que le Sénat abandonnait complètement les Spartiates au bon plaisir des confédérés ^ Les passions s'allumèrent des deux côtés avec tant de violence que la guerre civile devait nécessairement éclater. Damocritos, élu chef de la Ligue pour Tannée 148, fit les préparatifs les plus énergiques pour envahir la vallée de l'Eurotas au printemps ou en été avec une supériorité numérique écrasante ^ Les protestations de ce qui restait du parti modéré ne furent plus écoutées; quant au parti romain oligarchique, il était si impuissant depuis la mort de Callicrate qu'il ne put empêcher qu'on éloignât des places publiques les statues de cet homme naguère encore si influente Le parti de la guerre, qui ne voyait pas arriver la commission sénatoriale, sentait grandir son courage à mesure qu'en Macédoine les choses prenaient pour Rome une tournure plus grave. En effet, en 149, une révolte formidable avait éclaté en Macédoine. Un jeune homme, qui se faisait passer pour fils de Persée, avait réuni sur les frontières de la Thrace un grand nombre d'aventuriers, s'était fait reconnaître par quelques princes et quelques tribus thraces et avait commencé, fort de leur appui, à tenter d'envahir la Macédoine orientale. Une brillante victoire remportée sur les milices du canton d'Amphipolis lui permit de passer le Strymon; une seconde victoire à l'ouest de cette rivière livra les autres cantons de la Macédoine à ce jeune chef, dont

i) Pausan., VII, 12, 2 s. fin.

«) Pausain., VII, 13, 1.

3) Cf. POLYB., XXXVII, 1 g.

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