‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 118 sur 235 · POLYB., XL · texte numérisé non relu

POLYB., XL

2) PoLTB., XL, 2, 4 et 11, 3, 1-9. Pausan., 15, 4.

3) Pausan., 15, 4.

*) Pausan., VII, 16, 1 et 2. Zonar., IX, 31.

DÉFAITE DE DLEOS 257

arrogaats qu'ils quittèrent leur camp établi près de Corinthe et se portèrent en masse au-devant des Romains pour leur livrer une bataille décisive. Et en face de Tirritation, de rabattement, du désespoir des classes aisées, raveugloment du parli de la guerre, celui des basses classes surtout, fut, dit-on, si grand à Corinthe, que non seulement des troupes entières de femmes et d'enfants sortirent de la ville pour assister aux glorieux combats de l'armée, mais qu'elle fut suivie de chars nombreux sur lesquels on comptait ramener le butina Mummius ne put pas résister à cette provocation, et, au mois de septembre de l'année 146 % une rencontre décisive eut lieu sur l'isthme de Corinthe, dans une vallée entre le camp romain et le camp achéen'. La cavalerie grecque ne soutint même pas le premier choc de la cavalerie romaine six fqis plus forte qu'elle; mais l'infanterie achéenne se battit longtemps avec une bravoure digne d'éloges contre des troupes supérieures en nombre, jusqu'au moment oii une troupe d'élite de mille guerriers romains attaqua le flanc de l'armée grecque et acheva la défaite de Diseos*.

Ce fut la fin de la guerre. Diseos, qui avait complètement perdu courage comme Critolaos à Héraclée, ne songea pas à se retirer dans la forteresse voisine de Corinthe, soit pour y forcer l'ennemi à accorder aux confédérés des conditions relativement acceptables, soit pour mourir sur les ruines de cette

*) C'est du moins ce que raconte Justin, XXXIV, 2, qui n'est pas précisément bien digne de foi.

2) Cf. Hermann, p. 356.

^) On ne sait pas exactement où eut lieu la bataille. Zonaras, IX, 31, parle d'une « vallée (xoïXov); d'après Tiie-LWe, Epit, LU, on se battit « ad Isthmon »; d'après Florus, 1, 1, « sub ipsis Isthmi faucibus ». Polybe (XL, 14, 4) appelle la bataille « ri 7rep\ xbv 'laOfxov [xàxTQ ». Selon Aurélius Victor, De vir. llLy 60, on combattit près de Leucopétra; cet endroit, auquel les modernes ont emprunté le nom de cette bataille, n'est pas autrement connu. CuRTius, Peloponnesos, II, p. 591, suppose que ce nom, déjà suspect à PiGHius (Anna/. Il, 457), a été formé de FXayxov ul-rpa.

*) Liv., ibid. Paus., VII, 16, 2. Zonar., i6ùZ. Justin, et Flor., ibid. Aur. ViCT., De Vir. ill., 60. Orose, qui ne se fait pas une idée bien nette de toute celte guerre et qui, notamment (cf. pi. haut), donne aux combats livrés dans la Grèce centrale une extension beaucoup trop grande, ne connaît pas du tout la bataille livrée sur l'isthme de Corinthe ; cependant il cite auparavant (ibid.) Valerius Antias, qui est bien connu, et qui fait périr 20,000 Achéens, et mourir Diaeos (v. plus loin) sur le champ de bataille.

2o8 DESTRUCTION DE CORINTHE

ville avec cet héroïsme plein de grandeur dont avaient fait preuve peu de mois auparavant les derniers défenseurs de Carthage. Le misérable démagogue s'enfuit en toute hâte, immédiatement après la bataille, à Megalopolis, sa ville natale; là, dans un accès de désespoir sauvage^ il tua sa femme, incendia sa maison et s'empoisonna ^ Les Achéens fugitifs, qui ne trouvèrent pas d'autre chef capable de défendre Gorinthe ou les défilés arcadiens, se dispersèrent de tous côtés après leur défaite, cessèrent de se battre et attendirent partout leur sort avec une morne résignation. Dans la nuit qui suivit la bataille, la plupart des habitants de Gorinthe avec une partie des débris de Farmée avaient abandonné la ville pour fuir la vengeance des Romains. Lorsque ensuite Mummius parut devant Gorinthe, il trouva les murs dégarnis, les portes ouvertes; malgré cela^ il attendit deux jours avant d'entrer parce qu^il craignait un stratagème. Ge ne fut que le troisième jour que les légions occupèrent la ville ; la prise de TAcropole semble seule avoir donné lieu à un combat^ Alors les Romains se disposèrent à assouvir leur vengeance. La double insulte des ambassadeurs dont Gorinthe s'était rendue coupable exigeait un terrible châtiment; il fallait briser à jamais la résistance des Achéens; les grands capitalistes romains, enfin, de même qu'ils avaient déjà rasé Garthage, voulaient se débarrasser dans l'Orient grec d'une concurrence gênante : aussi Mummius avait-il reçu du Sénat l'ordre formel' de « détruire

*) Pausan., VII, 16, 2-4. AuR. Vigt., op. cit., 60. Cf. Zonar,, loc. cit.

2) Cette dernière hypothèse n'est fondée, il est vrai, que sur un passage où Pausanias parle de l'entrée, de Mummius dans la ville « àvauîTiTafjLÉvwv Ttov lîuXtov », et où, néanmoins, il dit à la fin : « TpiV^ 6è yifxepa [xsTà xV (xax"/iv ripet Te xaxà xpàxo; — Koptvôov » (VII, 16, 5). Pausanias n'entend peut-être par là que le dur traitement qu'on fit subir à la ville prise sans combat, ou les engagements partiels avec les habitants voués à la mort.

^) C'est du moins ce que dit T.-Live, Epit. lib., LU : « Qui... Corinthon ex senatusconsulto diruit, quia ibi legati Romani violati erant ». La chose fut contestée récemment (mais, comme il nous semble, les preuves sont loin d'être absolument concluantes), par S. W. Teuffel (in Paulys liealencyclop. der class. Alter thumsw., art. « Mummia gens », t. V, p. 200), qui est plutôt disposé à admettre une ratification ultérieure de cet acte de violence par le Sénat. Par contre, Paparrhigopoulos, p. 181, Schorn, p. 402, Mommssn, Rum. Gesch., II, p. 49 sqq.. Lange, p. 297, maintiennent les données de Tite-Live. Sur les motifs de la destruction, v. aussi Gic., Pro lege ManiL, c. 5, 11. De Offic., I, 11, 5. III, 11, i. Justin., XXXIV, 2 fin.

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