RUINE DE LA LIGUE ACIIÉENNE
Corinthe ». C'est ainsi que, pendant et après la prise de la ville, tous les citoyens libres qu'on trouva encore furent massacrés, les femmes et les enfants (ainsi que les esclaves armés qui avaient survécu à la bataille de Leucopétra) vendus comme esclaves. Bon nombre de ces Corinthiens, vendus tout enfants dans les villes d'alentour, vivaient encore au temps de Cicéron, qui en a rencontré (de 79 à 77 av. J.-G.) à Arg-os et à Sicyonc '. Puis on se mit à piller systématiquement la ville et enfin on la livra aux flammes, au son des fanfares. Le sol oii elle s'était élevée fut a dévoué», c'est-à-dire «toute construction interdite selon les formules consacrées », C'est ainsi que la splendide Corinthe, dont la beauté avait encore ravi d'admiration Paul-Emile, la dernière ville de la Grèce d'Europe qui avec les nobles monuments de l'art et de la grandeur des ancêtres avait conservé sur une vaste échelle la prospérité de son commerce et de son industrie, cette même ville sous les murs de laquelle cinquante ans auparavant le Romain Flamininus avait proclamé la jeune liberté hellénique périt de la façon la plus lamentable sous les coups des conquérants romains*. La guerre des confédérés avec les Romains était terminée. Le récit de cette guerre ne saurait éveiller que les sentiments les plus tristes. Sans doute, l'histoire de la Grèce libre ne pouvait finir sans une formidable commotion : ce peuple, avec ses glorieuses annales de mille ans, ne pouvait pas consentir à quitter la scène du monde sans user ses dernières forces. Mais ceci ne diminue en rien l'impression lugubre que produisent ces derniers événements. Nous avons fait voir à diverses reprises à quel point les Romains avaient contribué à la décadence delà noble nation péloponnésienne; comment, avec la coopération des Romains, surtout pendant ces vingt
») Cic, TuscuL, III, 22.
2) Cf. outre les passages indiqués précédemment : Pausan., VII, 16, 4 et 5. II, 1,2, 2, 2. PoLYB., XL, 7, 1. Diod., XXXII, 27. Strab., VIII, 6, 23, p. 584 (381). Vell., T, 13. Flor., ibid., Pun., N. H. éd. Sillig, XXXIV, 2, (3.) 7; 3, (6.) 12. XXXV, 12, (43), 151. Zonar., IX, 31. Magrob., Sat., Ill, 9. EuTROP., IV, 14. Oros., V, 3. Voy. aussi Cic. in Verr., act., Il, lib. I. c. 21, § 55, de Offic. II, 22, 4. Virgil., JEneid., VI, 837. Dio Cass., XLIII, 50. Suidas, I, p. 9i0, éd. Bernhardy. Anthol. gr., éd. Jacobs, II, p. 30, nr. 84, p. 1, nr. 2, p, 20, nr. 50, p. 132, nr. 20. Cf. aussi Merleker, AcAaic, p. 449 sqq.