CHATIMENTS INFLIGÉS AUX GRECS
nées de Scarpheia et de Leucopétra, ces tristes épigones de la vaillante milice de Philopœmen, qui ne comptèrent même pas dans lem's rangs un seul homme comme Taudacieux Dionysios de Phocée! Avec la bataille de Lada, enfin, et la ruine de Milet, se leva le jour radieux de l'histoire de la Grèce, tandis que, avec les tombes qui recouvrent les morts de Scarpheia et de Leucopétra, avec les ruines fumantes de Corinthe, notre sentier se perd dans cette nuit obscure qui, dès lors, recouvre pendant des siècles l'antique pays des Hellènes.
Après la destruction de Corinthe, Mummius continua à châtier la « défection >> des Grecs en leur portant une série de coups terribles. Mummius, au fond, n'était rien moins que cruel; sous une enveloppe un peu rude, ce simple parvenu plébéien, dont le manque de culture hellénique lui fit commettre alors, comme l'on sail^ les erreurs les plus étranges et dire les choses les plus risibles \ cachait un noble cœur et même une grande bonté naturelle*. Il y a plus : il n'y avait en Mummius aucune trace de corruption aristocratique; il était absolument honnête et désintéressé, incapable de se livrer dans son intérêt personnel à des actes de violence et à des exactions. Aussi, plus tard, les Grecs profitèrent largement de toutes ces qualités; en attendant, l'austère général, dont la sévérité toute romaine à l'égard de « révoltés « vaincus, n'était paralysée par aucune sympathie hellénique, ne voyait aucun motif pour se départir d'une façon quelconque de toute la sévérité du droit de la guerre dans l'exécution des sentences jugées nécessaires dans l'intérêt de Rome, ni pour entraver ses compagnons lorsque, se fiant à ses vues bornées ou à sa condescendance — qui, dans plus d'une circonstance, dégénéra en faiblesse vis-à-vis des Romains — ils abusèrent cruellement du droit du vainqueur'. Non seulement on
') Cf. Vell., 1,13.
^) On dit que Mummius ne put s'empêcher tout à fait de laisser voir sa bonté naturelle lors du terrible châtiment infligé aux Corinthiens ; v. le petit trait qui nous a été conservé par Plutarque, Sympos, lib. IX, quœst, 1, c. 2. Cf. surtout le portrait que Teuffel, op. cit., p. 201, a tracé de ce même Mummius, avec les preuves qu'il cite à l'appui. V. aussi Lange, p. 300 sqq.
3) Cf. PoLYB., XL, 11,3 et 4,