‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 133 sur 235 · LES ROMAINS ET LES GRECS A ROME · texte numérisé non relu

LES ROMAINS ET LES GRECS A ROME

esprit national, étaient tous remplis du même orgueil, de la même aversion instinctive, du même souverain mépris à l'égard des Grecs d'Europe et bien plus à l'égard des Grecs d'Asie, plus dégénérés encore; ils avaient tous, en un mot, le même sentiment d'hostilité à l'égard de toute la nation grecque; ils avaient en horreur le « peu de sérieux », les mœurs, il faut bien le dire, souvent très légères, l'attitude peu convenable de ces Grecs, de l'habileté et des talents desquels on ne voulait plus se passer, qu'on exploitait à plaisir, mais auxquels on était à tout moment disposé, à de rares exceptions près, à faire sentir, sans aucun ménagement, la supériorité des Romains. Non seulement les générations vivantes des Grxculi ne profitaient pas, en général, de la vénération qu'inspiraient aux Romains d'un esprit cultivé Phidias et Praxitèle, Sophocle et Euripide, Platon et Aristote : les Romains croyaient même avoir parfaitement le droit de juger du caractère de toute la nation grecque en deçà et au delà de la mer Egée par ce qu'ils voyaient des aventuriers de l'espèce la plus dangereuse, de tous ces étrangers de langue hellénique ou hellénistique qui arrivaient en compagnie de beaucoup d'autres qui n'étaient pas Grecs ou ne l'étaient qu'à demi. El, il faut bien le dire, un grand nombre des Grecs qui restèrent dans la mère-patrie sous la domination romaine, de ceux surtout qui vécurent sous la terrible oppression des tyrans républicains depuis Sylla, ne devinrent pas meilleurs. Ce n'est pas seulement à Rome que les Grecs se montraient trop souples en poussant souvent jusqu'au servilisme le désir de se rendre utiles; dans beaucoup de villes et de cantons de la patrie, un grand nombre d'entre eux se consolaient de plus en plus de la nullité de leur existence politique en se livrant à une fiévreuse et vaine activité ; plus d'un cherchait à se dédommager du mépris des Romains par un orgueil mal fondé, d'impudentes fanfaronnades et de belles phrases vides de sens. Même les Romains les moins sévères, surtout pendant les vingt ou trente dernières années delà République, étaient choqués par l'inqualifiable légèreté, le manque de sérieux et de caractère, la mollesse, la ruse, l'avidité peu scrupuleuse de la plupart des Grecs; ces derniers y

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