‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 15 sur 235 · RUINE ÉCONOMIQUE DES ÉTATS (IRECS · texte numérisé non relu

RUINE ÉCONOMIQUE DES ÉTATS (IRECS

un moment de repos aux malheureux habitants de la péninsule hellénique. 11 est vrai que nous ne saurions comparer la force destructive de toutes ces luttes, en laissant complètement de côté le point de vue militaire, à la guerre d'Hannibal qui anéantit la prospérité de l'Italie et dépeupla la presqu'île des Apennins. Mais cela n'empêcha nullement que la manière dont, selon le droit militaire d'alors^ la plupart de ces guerres de Grecs contre Grecs étaient faites — surtout par les Étoliens et par les mercenaires thraces, illyriens et celtes qu'on y employait en masse — ne devînt extrêmement désastreuse pour le plus grand nombre de ces cantons grecs. N'oublions pas non plus que ces petits États, qui n'avaient plus qu'une vitalité médiocre, manquaient complètement des moyens grâce auxquels la puissante Rome, toujours encore jeune et robuste, pouvait constamment réparer ses pertes eh hommes et en ressources matérielles. La ruine et l'appauvrissement de grandes masses de bourgeois et de paysans laborieux, et même de communes entières, les dettes considérables que contractèrent les cités et plus encore une foule d'habitants des villes et des campagnes, voilà le sombre tableau que nous présentent, à cette époque et dans la suivante, de grandes parties de la péninsule hellénique. Nous avons parlé ailleurs de la ruine économique des belliqueux Étoliens; la pauvreté d'Athènes déchue misérablement de son ancienne splendeur finira même par devenir la cause éloignée de la dernière catastrophe des Hellènes ; la décadence de la noble Megalopolis, qui a sa source dans la guerre de Gléomène^ nous la connaissons déjà, mais les autres villes aussi de la ligne achéenne, naguère si bien constituée, soull'raient beaucoup au point de vue économique. Ne voyons-nous pas, en effet, déjà à l'époque de la guerre de Gléomène, parmi les confédérés de grandes masses de prolétaires mécontents qui portent sur le grand Spartiate Gléomène III des regards d'une ardente sympathie, parce qu'ils s'imaginent qu'il fera retentir dans le Péloponnèse entier le cri de ralliement des communistes d'alors : la destruction des livres de créances et un nouveau partage des terres ! Mais c'est la Thessalie, si richement dotée par la nature, qui présentait l'image la plus désolante. Gette malheureuse contrée, pen-

Page 1