‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 14 sur 235 · SITUATION ÉCONOMIQUE DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

SITUATION ÉCONOMIQUE DE LA GRÈCE

les préserva d'une ruine complète. Sans les fautes graves de Philippe, nous l'avons vu plus haut^ la puissance macédonienne eût poussé, probablement depuis 217 avant J.-C, de fortes racines dans toute la Grèce, excepté peut-être en Étolie ; et, même malgré ces fautes, l'Eubée, la Béotie, FAcarnanie et la Thessalie avaient été, plus que d'autres contrées, en très bonne voie pour s'unir de plus en plus intimement avec les pays macédoniens héréditaires.

Cette marche progressive avait été arrêtée brusquement et pour toujours par l'intervention des Romains; toutes les peuplades grecques jusqu'à l'Olympe étaient complètement redevenues maîtresses de leur propre destinée ; mais on devait bientôt s'apercevoir qu'elles manquaient des qualités nécessaires à un peuple pour se gouverner lui-même et que là aussi on avait mal fait de « verser du vin nouveau dans de vieilles outres » .

On verra que les États et les tribus (on pourrait en excepter, outre les Achéens, les vigoureux Acarnaniens) qui, jusqu'en 197, avaient été presque entièrement dépendants de Philippe, manquèrent plus que d'autres des qualités requises pour reprendre un puissant essor grâce à la liberté reconquise. Mais il y avait certaines infirmités qui se retrouvaient plus ou moins dans presque toute la Grèce et qu'on ne pouvait pas simplement guérir par une proclamation bien intentionnée do la liberté : la fortune publique et ]a morale étaient gravement compromises. Les temps néfastes des Diadoques et des Epigones avaient déjà infligé de cruelles blessures au bien-être de la plupart des États de la Grèce; c'est surtout la fortune municipale de bien des villes qui a dû subir alors de graves diminutions et plus souvent encore être chargée de dettes accablantes. Il est vrai qu'ensuite la plupart des Grecs d'Europe ont joui, vers le milieu duiiie siècle avant J.-C., d'une période d'un calme comparativement plus grand. Mais, depuis 230 environ avant J.-C, les Hellènes avaient été entraînés d'une guerre dans une autre, avec de rares interruptions qui leur donnaient quelque répit : les brigandages illyriens, la guerre de Cléomène, celle des alliés, les deux guerres avec Rome, avaient, pendant toute une génération, donné à peine

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