‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 158 sur 235 · TRISTE ÉTAT DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

TRISTE ÉTAT DE LA GRÈCE

pagnes de la Béotie et de FAttique, avaient été littéralement écrasées par les armées belligérantes. Si partout de nouvelles dettes, une vie misérable, une triste gêne étaient les suites de cette guerre désastreuse, dans ces contrées-là surtout une telle quantité de la propriété publique et privée se trouvait ruinée, la perte d'hommes était si considérable, qu'en bien des endroits un relèvement n'était plus possible, encore que le goût indéracinable des Grecs pour les jeux solennels ait survécu à de telles épreuves. La ville phocéenne de Panopée (p. 348) ne se releva jamais* ; la spoliation de son temple, auquel on avait enlevé son unique trésor, suffit pour faire tomber complètement dans Toubli Alalcoménse, en Béotie ^ Thèbes même souffrit tellement des suites de cette guerre, qu'à l'époque de Strabon déjà la ville n'était plus qu'un village insignifiant, et qu'au temps de Pausanias, la ville basse était complètement déserte et l'antique Cadmée seule encore habitée^ ; parmi les autres villes de la Béotie, un petit nombre seulement réussit à se maintenir dans une situation tolerable*. Les terribles dévastations de l'année 86 av. J.-C, la destruction du Pirée% l'horrible ravage de Délos, qui depuis cette guerre resta à peu près déserte '^ et ne put jamais se

1) Cf. Pausan., X, 4, 1, et Bursian, p. 168.

2) Pausan., IX, 33, 4. Bursian, p. 234 sq.

3) Cf. Strabon, IX, 2, 5, pag. 617 fin. (403). Pausan., IX, 7, 4 Bursian, p, 225. ScHORN, Gesch. Griechenlands , p. 407.

*) D'après une légende qui prit naissance plus tard, les dieux auraient fait pressentir aux Athéniens leur malheur par une pluie de cendres, une année avant la terrible époque de Sulla (Paus., IX, 6, 2).

•>} Cf. Strabon, IX, 1, 15, p. 606 (395 et 396), d'après lequel, encore de son temps, au heu des magnifiques ports du Pirée et de Munychie, on ne trouvait plus qu'un hameau insignifiant ou plutôt quelques rangées de maisons près des ports et du temple de Zeus Soter; v. aussi XIV. 2, 9, p. 966, fin. (654), et Lucan., Pharsal., III, 181 sqq. et Gic, Ad famil., IV, 5, 4. Bursian, p. 268.

^) Nous ne savons pas au juste quand Délos, que Mithradate évacua en 84, fut rendue à Athènes. Que les Romains l'aient rendue aux Athéniens immédiatement après la guerre (comme le croit Mommsen, H. G., vol, II, p. 295), ou un peu plus tard, toujours est-il que du temps d'Auguste elle appartenait de nouveau aux Athéniens, comme le montre Strabon, X, 5, p. 744(486). BôcKH, C. 1. Gr,, vol. II, p. 232 et p. 235, no2282, Meier, Comm. Epigr.y I, n° 31, p. 35. Sur la situation de Fîle aux temps de Strabon et de Pausanias, cf. Strab., loc, cit. Pausan., III, 23, 2. VIII, 33, 1.

Page 1