PROGRÈS DES ROMAINS EN ASIE
triomphe sur Mithradate, il y fit porter les images de nombreuses villes grecques et asiatiques \ et donna en même temps au public le spectacle de combats d'athlètes sur une vaste échelle ; il avait fait venir à Rome, dans ce but^ un si grand nombre d'artistes grecs de ce genre, que « bientôt après il n'y eut pas de jeux à Olympic, en dehors des courses, faute de concurrents^ ».
Un autre épilogue de la première guerre contre Mithradate — la courte guerre que le légat de Sylla en Asie, Lucius Muréna, fit à Mithradate en 83 et en 82 avant J.-C, connue sous le nom de la deuxième guerre contre Mithradate — ayant eu exclusivement pour théâtre les contrées traversées par FHalys, ne parait pas avoir exercé une influence sensible sur les villes grecques de l'Occident. Mais un grand nombre de Grecs, surtout en Asie, eurent d'autant plus à souffrir des événements ultérieurs. On sait qu'en 73 avant J.-C, le royaume de Bithynie aussi^ c'est-à-dire cette partie de la côte de la Propontide et de la mer Noire qui s'étend du fleuve Rhyndacos jusqu'aux environs d'Héraclée^ passa sous la domination romaine, avec ses antiques cités grecques et hellénistiques, par suite du testament du dernier roi de ce pays, NicomèdellI \ Il s'ensuivit que le roi Mithradate, l'irréconciliable ennemi des Romains, qui voyait la grande puissance de l'Occident se rapprocher de plus des frontières de son royaume, déclara de nouveau la guerre aux Romains (dans l'hiver de l'an 75 à 74 avant J.-C), et provoqua ainsi ce duel formidable (74 à 63 avant J.-C) qui finit par rétablissement durable de la domination romaine sur
1) Valer. Maxim., II, 8, 7.
2) Appian., Bell. ('Av., I, 99, fin. et L. Friedlânder, Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms, v. II, p. 303. Pauly, RealencycL, v. I, 2eédit.. p. 2002. Comme, en outre, les vieux livres sibyllins avaient péri dans l'incendie du Capitole en 83 av. J.-C, on recueillit depuis, pour pouvoir les reconstituer, dans divers lieux et entre autres dans les villes grecques de Samos, d'ilion et d'Erythrée, des oracles sibyllins. Cf. Tacit,, Annal., VI, 12. Drumann, Gesch, Roms, vol. III, p. 63 et 692, et les textes à l'appui dans Becker-Marquardt, Rom. Alterth., vol. IV, p. 298.
3) Cf. Drumann, Gr. R., vol. IV, p. 125. Mommsen, R. G., vol. III, p. 50. Becker-Marquardt, Rom. Alterth., vol. III, l'^^ partie, p. 146 sq. V. aussi KuHN, Die stâdt. Verf., vol, II, p. 153 sq., 258 sq. Parmi les anciennes villes grecques de cette contrée, Pline, N, H., Y, 32 (43), 149 nous cite comme autonome Ghalcédoine.