‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 17 sur 235 · IMMORALITÉ CROISSANTE DES GHECS OO · texte numérisé non relu

IMMORALITÉ CROISSANTE DES GHECS OO

plus à proprement parler, à Tépoquc dont il s'agit ici, parmi les grandes tribus, que les Achéens sur lesquels le regard de l'investigateur puisse s'arrêter avec quelque satisfaction; dans la plus, grande partie delà Grèce de cette époque, notre œil ne rencontre qu'une succession variée dimages de décadence morale. Ce qu'il y a de caractéristique, c'est le contraste frappant entre une civilisation très avancée, brillante des plus riches couleurs, à laquelle même les rudes et belliqueuses tribus des Étoliens ne sont nullement restées étrangères', et une effrayante dureté des cœurs qui (en exceptant toujours les Achéens, et, ici également, les Athéniens et les Acarnaniens) se manifeste en toute occasion de la manière la plus sanglante^ et montre bien clairement que la valeur morale de la nation était sur son déclin. Tandis que le peuple athénien n'avait guère sauvé de son ancienne splendeur qu'un goût délicat répandu dans tous les rangs de la société, l'amour des jouissances raffinées, une certaine désinvolture pleine de grâce et une spirituelle distinction, qualités auxquelles cependant, là comme dans beaucoup d'autres parties de la Grèce, s'étaient joints un fâcheux relâchement des mœurs, la recherche dans les plaisirs, une profonde corruption ; tandis que, pour ce peuple, la gloire incomparable des grands hommes d'autrefois n'était plus depuis longtemps qu'un capital improductif, un thème brillant pour les discours d'apparat de ses rhéteurs et de ses démagogues bavards, tristes héritiers de Périclès et de Démosthène, et que les derniers restes de la vigueur athénienne s'épuisaient en pompeuses résolutions', en tumultueuses vociférations contre les puissants ennemis de l'État (p. 66) et en flatteries aussi exagérées que recherchées à l'adresse de Rome et des princes protecteurs d'Athènes, maintenant surtout les Attalides ^ : nous avons vu Sparte, la plus ancienne des grandes puissances de la Grèce d'Europe, dégénérer d'une autre façon. Sparte avait produit en Nabis

') Cf. PoLYB., V,8 et 9. ScHOMANN, Grirckische AltcrUiùmer {2"''' édit ), vol. II, p. 108 sqq. Rem. 5.

2) Cf. Liv., XXXI, 44, s. fin. « Athenienses quidem litteris verbisque, qiiibus solis valent, helium advevsus Philippum gerebant ».

^) Cf. le tableau d'ensemble tracé par Meier, Pergamenisches Rekh,p. 364-

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