‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 177 sur 235 · EXACTIONS DES FONCTIONNAIRES ROMAINS · texte numérisé non relu

EXACTIONS DES FONCTIONNAIRES ROMAINS

L'administration provinciale romaine de cette époque imposait, on le sait, de lourdes charges aux peuples soumis à Rome. A cela venait s'ajouter, même là oii, comme en Grèce (p. 267, 1), les publicains n'étaient pas chargés de la perception des impôts directs exigés par le gouvernement central, l'oppression économique des publicains et des banquiers romains et la concurrence des négociants romains répandus partout en masse en dehors de l'Italie et aussi dans la péninsule grecque ; d'ailleurs, les réquisitions de toute espèce ont dû être fréquentes pendant les longues luttes que Rome eut à soutenir tantôt contre Mithradate et les pirates, tantôt sur la frontière macédonienne ^ Ajoutons que, dans ces derniers temps du gouvernement des optimates, la rapacité éhontée des grands avait pris des dimensions vraiment colossales ; qu'à cette époque surtout — où même un homme comme M. Junius Brutus, doux de caractère et bien respecté à Rome, admirateur enthousiaste de la philosophie stoïcienne et de son idéal de vertu, qui passait à Rome pour un ardent défenseur des libertés républicaines, n'eut pas honte de faire odieusement maltraiter en impitoyable usurier (53-51 avant J.-G.) la ville grecque de Salamine dans l'île de Cypre'^ — un trop grand nombre d'hommes haut placés pillèrent sur une vaste échelle, soit comme fonctionnaires, soit comme simples particuliers, les sujets et les clients de la République. Avonsnous besoin de dire qu'il n'était que rarement possible, et alors seulement, dans la plupart des cas, au prix des plus grands sacrifices, d'obtenir à Rome le châtiment de ces excès? Les peines qu'on infligeait d'ordinaire aux criminels de cette espèce — de fortes amendes, des dommages-intérêts pour une somme double et même quadruple, et l'exil, celles-là devant paraître bien pénibles à un homme rapace, celui-ci à un ambitieux qui ne pouvait arriver à ses fins que dans la capitale — n'étaient que rarement en rapport avec la gravité des crimes commis. L'histoire de la Grèce de cette époque offre

*) Cf., en général, Mommsen, R. G., vol. II, 387-394. Vol. III, p. 524-529. FiNLAY, p. 35-45. Becker-Marquardt, III, 1, p. 288 sqq.; 2, p. 136-162. Walter, Gesch, d. Bôm. Rechts, l^^ partie, p. 351 sqq.

2) Cic, Ad AU., V, 21. VI, 1.2.3. Becker-Marquardt, III, 1, p. 293. Drumann, vol. IV, p. 20 sqq.

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