BRIGANDAGES DE VERRES
damnation \ La conduite du fameux Gains Verres fut celle d'un brigand vulgaire. En 80, il accompagna, en qualité de légat, le propréteur Gngeus Cornélius Dolabella envoyé en Cilicie. Pendant leur voyage à travers la Grèce et l'Asie, Yerrès, fort de la connivence coupable de son chef, s'abandonna librement à sa rapacité et à sa brutale insolence ^ On vit alors cet homme sans vergogne, qui avait déjà volé un grand nombre de statues et de tableaux dans les villes achéennes, tenter d'extorquer àla ville de Sicyoneune somme considérable; le premier fonctionnaire de la ville la lui ayant refusée. Verres fit enfermer le malheureux Grec dans un cachot étroit autour duquel il fit allumer du bois humide, de telle sorte que cette victime de la perversité romaine échappa à grand'peine à la mort^ Dans l'acropole d'Athènes, il fit enlever aii trésor du Parthenon une forte somme en or \ Si, à Délos, des obstacles imprévus le forcèrent de rendre les objets d'art qu'il avait fait enlever du temple d'Apollon déjà si fortement éprouvé ^ il s'en dédommagea largement dans les villes grecques d'Asie, à Chios, à Samos^ àTénédos, à Érythrœ, à Halicarnasse ^ et, plus tard (79 av. J.-C.) aussi, à Milet
') AscoN., in Cic, Pro Scauro, c. 16, 2, p. 26 Orelli. Cic, Brut., c. 92, 317 sqq. SuETON., Cœs., c. 4. Gell., N. A., IV. 16. 8. Tacit., Dial, de orat., 34. Vell., II, 43. Valer. Maxim., VIïI, 9, 3. Plut., Cœs., c. 4, init. (AuR. VicT., De vir. ili, 78, est d'un avis difîérent) ; v. Napoléon, p. 252 sqq. Drumann, vol. II, p. 561 sqq.
2) Gic, In Q. CsecAl. divin., 2, 6; 12, 38. In Verr. act., II, lib. I, c. 17, 44. 22, 60. IV, c. 32, 71 .* 59, 133 sqq.
3) Cic, In Verr. act., Il, lib, I, c. 17, 44. 45. *) Cic, ibid., 45 (et lib. V, c. 72, 184).
5) Cic, ibid., 45. 46, etc. 18, 46-48 (et lib. V, 72, 185). — Même dans la suite, les vols d'objets d'art que commirent des Romains haut placés, directement ou indirectement, même lorsqu'ils ne se trouvaient en Grèce que comme simples voyageurs, furent assez fréquents; c'est ainsi qu'Appius Claudius Pulcher, frère du trop fameux Publius Clodius, enleva entre autres (en 61) la statue d'une hétaïre tanagréenne que P. Clodius plaça plus tard (en 58) sur les ruines de la maison de Cicéron. comme statue de la Liberté! Drumann, vol. If, p. 186, 271. Piine, N. H., XXXV, 14 (49), 173, raconte d'une façon intéressante l'enlèvement d'une peinture à fresque de Sparte et son transport à Rome, fait avec beaucoup de soin et d'habileté à l'instigation des édiles Varron et L. Licinius xMurena (avant la troisième guerre contre Mithradate, Drumann, vol. IV, p. 185). Pompée, au contraire, s'est complètement abstenu de déprédations de ce genre (Cic, Pro lege Manil., 14, 40).
6) Cic, In Verr., act. II, lib. 1, 19, 49 sqq. 20, 52 sqq. 23,61 , V, 72, 184 sqq.