LES TOURISTES ROMAINS EN GRÈCE
il devint citoyen de la ville de Patrse et adopta Lyson, fils d'un de ses nouveaux concitoyens ^
Cependant, outre la nécessité peu agréable d'être contraint de vivre del'autre côté de l'Adriatique et l'intention de faire des affaires d'argent de toute espèce, licites ou illicites; outre le besoin d'expédier les affaires d^État, il y avait d'autres motifs, sinon plus puissants,.du moins incomparablement plus nobles et meilleurs, qui amenaient en Grèce un grand nombre de Romains, et c'est précisément alors, et depuis ce moment-là, que les relations entre l'Italie et l'antique pays des Hellènes devinrent de plus en plus fréquentes et intimes. Nous voyons plus d'un Romain, rempli de dégoût ou de crainte à la vue des scènes de plus en plus tumultueuses dont la capitale du monde était le théâtre, venir se retirer dans la Grèce pacifiée, ou chercher sur le sol de la Grèce un refuge temporaire conlre les haines et les persécutions politiques. Depuis les temps de Flamininus et de Paul-Émile, les Romains lettrés venaient de plus en plus nombreux visiter cette Grèce qu'on vénérait comme la patrie de la civilisation la plus parfaite, dont les lieux, consacrés par le mythe, latradition et l'histoire, avaient un attrait irrésistible, dont les villes étaient toujours encore pleines des constructions les plus magnifiques de tous les siècles et des plus splendides créations des arts plastiques '. Et cette force d'attraction que la Grèce exerçait sur les Romains, dit un écrivain moderne^, « loin de diminuer, devenait plus puissante à mesure que cette contrée se couvrait de ruines et devenait plus déserte : au milieu du silence et de la solitude répandus sur les campagnes
en Cilicie, sa province, rétablît la paix. Cic, Ad fam.^ XIII, 1. Ad Attic. I, 1 et 19; 3; cf. De fin., Y, 1. Drumann, vol. V, p. 248. Vol. VI, p. H9. Ellissen, Zur Gesch. Athens, p. 23. C. G. Zumpt, Uebe7\ den Bestand der philosoph. Schulen in Athen, p. 12 sqq., 89 sqq.
«) Cic, Adfam., XIII, 19, 2.
*) Cf. Friedlander, Darstellungen aus der Sittengeschichte Roms, vol. II, p. 52 sqq., 90 sqq. (Nous ne ferons que citer les villes qui, comme Olympic, Delphes , Athènes , Rhodes, étaient comme d'immenses musées d'objets d'art; un seul chef-d'œuvre suffisait souvent pour attirer dans une ville des visiteurs; on allait à Thespies pour admirer l'Éros de -Praxitèle, à Cnide (comme à Cos) pour son Aphrodite, à Éphèse pour son Alexandre le Grand, peint par Apelle, etc. Cf. Cic, In Verr.j act. II, lib. IV, 2, 4 et 60, 135. Strabon, IX, 2, 25, p. 629 (410).
3) Friedlander, p. 53.