EXILÉS ROMAINS EN GRÈCE
M. Tullius Cicéron vivant comme réfugié dans la péninsule hellénique), — Antonius, lui aussi, choisit pour séjour une contrée grecque, l'île de Céphallénie. Il vécut là des années, menant tout à sa guise, aussi indépendant que s'il avait été le maître souverain de l'île, et celle-ci sa propriété. On nous dit qu'il s'occupa, entre autres choses, de fonder une ville nouvelle, qui, toutefois, n'était pas encore terminée lorsque César (au moment où il était seul maître de l'empire, dans tous les cas avant Tannée 44, peut-être en 47) lui permit de revenir à Rome *. Cet exemple montre bien clairement quel châtiment pou sévère était, dans certaines circonstances, l'exil pour ces brigands de haut parage. Nommons aussi le fameux Gains Memmius Gemellus, épicurien dissolu, odieux intrigant et dangereux séducteur', qui, qui après avoir été condamné pour ses honteuses tentatives d'acheter le consulat en 43 av. J.-C. \ se rendit en Grèce comme exilé en 701 ou 702 U. C, 53 ou 52 av. J.-C, et vécut à Athènes, à Mitylène et à Patrae d'une façon très agréable, en traitant les Grecs avec arrogance*;
av. J.-C), pour connaître du crime de haute trahison, aurait été obligé de quitter Rome et aurait vécu a Délos jusqu'à sa mort (FreinsheiMjXiv. SuppL, lib. XXXVI, cliap. xli, croit que c'est là une erreur et qu'il s'agit plutôt de L. Memmius, dont fait mention Cic, Brut., 89, 304; v. pourtant Peter, Gesch. Roms, 2° édit., vol. II, p. 89). — Déjà avant cette époque (depuis 103 av. J.-C), T. Albucius avait vécu à Athènes comme exilé (Cic, In Pison., c. 38, 92. TuscuL, V, 37); et le célèbre Quintus Métellus Numidicus s'était retiré à Rhodes, puis à Smyrne et à Tralles lors de son expulsion (momentanée) de Rome par Gaius Marius (100 av. J.-C). Liv., Epit* lib., 69. Valer. Maxim., IV, 1, 13. Plut., Mar., c. 29, fin. Aur. Vict., De vir. ill., 62. Le tombeau du fameux L. Opimius, près de Dyrrhachion, V. Gic, Pro Sest., c. 67, 140. — Plus tard, le partisan de Catilina P. Autronius Pœtus vécut dans l'exil en Achaïe depuis 62 av. J.-C, Gic, Ad AU., 111, 2 et 7, 1.
^) Cf. Strabon, X, 2, 13, pag. 699 (455). Beeskow, Gephalonia, p. 23 sqq. V. en général Pauly, R. E,, vol. I, 2° édit., p. 1172 sqq.
^) Cf. à son sujet Pauly, R. E., vol. IV, p. 1755 sqq.
3) Ce, Ad Quint,, fr., Ill, 2, 3. 8, 3. Appian., Bell, civ., II, 24. Dru-
MANN, vol. VI, p. 119.
*) Cf. Ce, Ad AU., y, a, 6. AdFam.y XIII, 1.2.3. 19,2. A Athènes, Memmius désira reconstruire la maison d'Épicure, tombée en ruines (dans le district de Mélite), et il en avait déjà obtenu l'autorisation de l'Aréopage* Mais comme les Épicuriens d'Athènes, ayant à leur tête Patron, l'ami de Memmius (et du célèbre Atticus [v. plus bas] ), s'y opposèrent vivement, Memmius renonça à son projet (en 703 de Rome, 51 av. J.-C*), mais garda ran-^ cune à Patron jusqu'à ce que Cicéron, passant par Athènes pour se rendre