CONSÉQUENCES DE LA BATAILLE DE PHARSALE
César, anéantit l'arméo de la République et donna pour la première fois un maître à l'empire. Des guerriers légèrement armés de FAcarnanie, de l'Étolie et de la Dolopie s'étaient battus pour César : du côté de Pompée, c'étaient notamment les troupes auxiliaires de Sparte, du Péloponnèse, d'Athènes, de la Béotie et de la Macédoine, ainsi que des archers Cretois qui (en s appuyant fortement sur les légions) avaient pris part à la bataille, peu glorieusement, il est vrai, et en éprouvant de grandes pertes \
On peut dire que la bataille de Pharsale mit fin à la guerre dans la péninsule hellénique. Athènes se rendit immédiatement à Calénus qui l'assiégeait; le clément vainqueur de Pharsale accorda son plein pardon à la ville, pour l'amour de sa gloire passée. Toutefois César ne put s'empêcher de dire avec hauteur aux représentants de la cité athénienne : « Combien de fois la gloire de vos pères vous sauverat-elle encore ^? » Tandis que la péninsule hellénique se trour vait ainsi enlevée aux républicains jusqu'à Mégare; que la puissante Rhodes (dont la flotte avait beaucoup souffert dans les combats livrés dans l'Adriatique et dans le voisinage) fermait ses ports aux Pompéiens fugitifs ^; que tout l'Orient abandonnait Pompée ; tandis que ses armées de terre et de mer évacuaient, sans résister plus longtemps, Dyrrhachion, après Favoir pillé, puis Corcyre *; tandis que César poursuivait son malheureux adversaire — qui fuyait vers le sud en passant par Larissa, Tempe et Amphipolis (p. 419, 2), puis
») Cf. Appiax\., B. C. , II, 70. 71 et 75. 79 et 80. 82. Lucan., PharsaL, VII, 229. — Sur de prétendus présages qui annoncèrent la victoire de César, voy. pour ceux de Pergame, G^s.,III, 105. 4. Dio Cass., X'LI, 61 ; pour ceux de Tralles, Plut., Cœs., c. 47. DioCass., ibid. Cms., Ill, 105, 5. Obsequens, 125; pour ceux du temple d'Athéné à É'is; Cms., 111,105, 2.
-) Dio Cass., XLII, 14. Appian., II, 88. Comme César ne se rendit pas à Athènes immédiatement après la bataille de Pharsale, mais se mit en marche vers le Nord dès le lendemain (C-es., Ill, 98, 3) ou trois jours après (Appian., II, 88), il est probable qu'il adressa ces paroles à des Athéniens qui se rendirent à lui à Pharsale, ou à une ambassade athénienne qui implora son pardon, ou enfin aux autorités athéniennes (en 47) lorsque, revenant d'Asie, il passa par Ja Grèce (Dio Cass., XLII, 49) pour se rendre en Italie.
-') Cms., Ill, 102, fin. Cic, Ad fam., XII, 14, 3, De divin., I, 32.
*) Dio Cass., XLII, 10. 13. Appian., H, 87. Plut., Cat. min., c. 55 sqq. Lucan., PharsaL, IX, 32 sqq. Cic, De divin., I, 32.
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par Mitylène (où il retrouva sa famille, qui y vivait depuis quelques mois, et où le philosophe Cratippe [p. 414] essaya de le consoler) — à travers la Thessalie, la Macédoine, TAsie et Rhodes, jusqu'à sa tombe sur la rive égyptienne % une partie de l'armée battue cherchait encore à se maintenir dans le Péloponnèse. Mégare, avec son ancienne ténacité, résistait à Calénus qui l'assiégeait. Lorsque la ville fut enfin prise d'assaut, après bien des combats et non sans l'aide de quelques traîtres, la plupart des habitants perdirent la vie; un grand nombre de personnes périrent misérablement parce que quelques fanatiques, dans leur désespoir, avaient lâché, contre les soldats de César qui montaient à l'assaut, plusieurs lions destinés à prendre part, à Rome, aux combats du cirque : ces bêtes s'étaient mises à déchirer indistinctement Grecs et Romains. Le reste des habitants de la malheureuse petite ville fut réduit en esclavage; cependant Calénus, en cédant à vil prix ses victimes à quelques-uns de ses amis, leur laissait au moins l'espoir de se racheter bientôt eux-mêmes ou de se faire rendre la liberté par d'autres ^ Le terrible sort de cette petite ville ôta aux autres habitants du Péloponnèse toute envie de résister plus longtemps au sévère légat. Patrse, où Caton et d'autres Romains républicains avaient voulu résister encore, fut évacué à l'approche des troupes de Calénus \
La guerre était donc terminée en Grèce; elle y avait à peine duré deux ans, et pourtant elle avait beaucoup contribué à la ruine du pays*. Les Hellènes d'Asie et ceux des îles qui n'avaient pas. souffert directement de la guerre n'en avaient pas moins dû fournir des hommes et des vaisseaux, des appro-
') Plut., Pomp., c. 73-80. C^s., Ill, c. 48. Appian., II, 81, 83 sqq. Zonar., X, 9. Dio Cass., XLII, 2-8. C^s., III, 96-99. 102 sqq. Flor., II, 13, 51 sqq. Vell., Il, 53. Valrr. Max., IV, 5, 5. Lucan., PharsaL, V, 725 sqq. VII, 71.1 sqq. VIII, 1-973. IX, 950-1108. Oros., VI, 15.
2) Ijio Cass., XLII, 14. Plut., Brut., c. 8.
3) Dio Cass., XLII, 13. 14.
*) C'est ici seulement qu'il faut parler des derniers combats qui eurent lieu en Illyrie (C^s., Bell. Alex., c. 42-48), ainsi que delà part que prirent aux combats qui eurent lieu à Alexandrie en Egypte, comme alliés de César, les archers crétois et surtout des vaisseaux de guerre rhodiens sous le vaillant Euphranor (depuis l'automne de l'an 48 jusqu'au printemps de l'an 47); Cms., B. C, m. iO&,i. Bell. Alex., c. i, iniL, 11. 13-15. 25. Appian., II, 89.