‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 199 sur 235 · MISÈRE DES HELLÈNES EN ASIE ET EN ACHAIE · texte numérisé non relu

MISÈRE DES HELLÈNES EN ASIE ET EN ACHAIE

visionnements de toute espèce; ils avaient été impitoyablement pillés par les soldats de Pompée * et s'étaient de nouveau profondément endettés ^ Métellus Scipion, proconsul de Syrie en 49, s'était rendu coupable des plus odieuses exactions ; il avait, entre autres, contraint les fermiers d'impôts de lui verser non seulement le montant des contributions de Tannée courante et de la précédente, mais les sommes qui n'étaient dues que l'année suivante; le même Métellus, en traversant la province d'Asie avec ses troupes et pendant que ces dernières se trouvaient dans leurs quartiers d'hiver (de 49 à 48 av. J.-C.)^ y avait fait des réquisitions de toute espèce; il avait établi en outre des impôts extraordinaires et les avait fait rentrer de la façon la plus brutale ; là aussi, du reste, il avait exigé des fermiers le payement anticipé des impôts pour l'année 48 ^ Ce qui, dans la Grèce d'Europe, était venu augmenter toutes ces misères, c'est que tout le pays, depuis Dyrrhachion et l'Haliacmon jusqu'à Tisthme de Corinthe, avait été le théâtre de la guerre ; que tous ces cantons avaient été épuisés par les armées ennemies et qu'un grand nombre d'entre eux avaient été, comme l'Attique etlaBéotie du temps de Sulla, totalement dévastés. Un des hauts fonctionnaires de César, le célèbre gouverneur de la péninsule grecque (46-45 av. J.-C.*), Servius Sulpicius, n'aperçut, peu d'années plus tard, sur les bords du golfe Saronique, sur les côtes de l'Attique, dans l'île d'Egine, dans la Mégaride et sur le territoire de Corinthe, que des villes ruinées et -des campagnes désertes ^ Sous le coup de la détresse générale de ces temps-

1) C^s., III, 31, 4.

2) C^s., III, 32, 5.

3) C^.s., B. G., III, 31 et 32. Joseph., Ant. Jud., XIV, 8 (14), 4. Bell. Jiid., I, 10 (8), 1. Ce n'est que grâce à des circonstances particulièrement favorables que les trésors et l'argent du temple d'Artémis échappèrent aux soldats de Pompée. C^s., III, 33, et 105, 1.

*) César lui-même, dont Cicéron même loue la clémence à l'égard de l'Achaïe {Adfam., XV, 15, 2), avait, d'après Dio Cass.,XLII, 49, en revenant d'Asie en Italie, dans Tété de l'année 47, levé de l'argent en Grèce. Voy. aussi ZuMPT, Comm. Epigr., vol.I, p. 318.

^) Cf. la lettre de ce personnage à Cicéron dans Cic, Ad fam., IV, 5, 4. On a aussi beaucoup remarqué le vaciiœ Aihense d'Horace, qui faisait alors ses études à Athènes (p. 143, 6). Horat., Ep., II, 2, 81. Cf. Ovid., Metam., XV, 428 sqq.

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