‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 201 sur 235 · CORINTHE COLONIE ROMAINE · texte numérisé non relu

CORINTHE COLONIE ROMAINE

tendre à un bel avenir, donna lieu tout d'abord à un nouveau genre de trafic. En effet, les nouveaux colons découvrirent bientôt, dans un grand nombre de tombeaux mis au jour par les travaux de construction, une foule de vases de terre et de métal d'une valeur artistique considérable. On se mit à dépouiller les tombeaux du pays, et Rome, pendant un certain temps, fut inondée de ces objets d'art qu'on appelait « Nécrocorinthies ». Mais le commerce qu'on faisait avec ces dépouilles prit fin lorsque les fouilles ne produisirent plus que des choses de peu de prix et qu'on envoya au marché, d'ailleurs trop abondant déjà, des- objets imités ou des vases d'une valeur artistique inférieure ^

Cependant le développement de la nouvelle ville, que César avait voulu hâter par l'exécution de l'ancien plan de Périandre et de Démétrios Poliorcète, c'est-à-dire par le percement de Hsthme % sous la direction de l'ingénieur Aniénos, ne fut point favorisé par une paix durable dans l'empire. On sait que le

50. Pausan., II, 1, 2. 2, 2. 3, 1. Strab., XVII, 3, 15, p. 1190 (833 fin.) et VIII, 6, 21, p. 581 (378 sqq.). Diodor., XXXII, 17, 1-3. Voy. aussi Walter, Gesch. d. Mm. R., vol. I, p. 402. Eckhel, Doctrin. Num., Il, p. 238 sqq. Drumann, vol. III, p. 673. Gurtius, Pelop., vol. II, p. 523 et 591. Finlay, p. 50 sqq. Mommsen, Res gest. D. Augusti ex monum. Ancyr., pag. 82 et R. G., vol. III, p. 539.541. Hermann, Gr. Staatsalt.,^ iS9, 16. Bôgkh, C./.Grr., vol. I, n°^ 1104. 1716. Ce que dit Rudorff, op. cit., p. 140, du soin qu'on mit à éviter les limites de l'ancien territoire de la ville « dévouée » en 146 (p. 259), ne se confirme pas d'après Gurtius. Il faut donc que la devotio ait été révoquée. Les colons s'appellent Corinthienses, d'après Festus, p. 60, édit. Millier. — Zumpt, loc. cit,, croit que ce furent les triumvirs victorieux qui, à un moment quelconque, après la bataille de PhiJippes, jetèrent les fondements de la nouvelle ville; il conclut, d'après Appian., loc. cit., que les premiers colons romains étaient au nombre de 3000. Dans tous les cas, Corinthe, à l'époque de la dernière guerre entre Octavien et M. Antoine, était déjà redevenue une ville importante; cf. Dio Cass., L, 30 et Plut., Anton., c. 67. (Quant à l'intention de César d'envoyer aussi une colonie à Bouthroton en Epire, v. plus bas.)

1) Strabon, VIII, 6, 23, p. 585 sqq. (381 sqq.). Cf. Curtius, Pelop., vol. II, p. 597 et Finlay, p. 51. Ross, Archdol. Aufs., vol. I, p. 57 sqq.

2j Sueton., Caes., c. 44. Plin., iV. //., IV, 4 (5), 10. Plut., Cœs,, c. 58 et Dio Cass., XLIV, 5, init. Cf. Curtius, Pelop., vol. I, p. 13. Mommsen, loc. cit, — Outre ces rapports de César avec la Grèce, contentons-nous de faire mention delà protection qu'il accorda (Pline, N. H., XXXV, 11 (40), -136) aux artistes grecs et entre autres notamment au peintre ïimomachos de Byzance. — Cf. aussi Gôll, Kulturbilder aus Hellas und Rom, vol. II, p. 229.

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