LA COLONIE DE NICOPOLIS
polis en Arcadie, se répéta ici, et cela sur une plus vaste échelle; la concentration dans une grande ville d'une population disséminée au loin exerça incontestablement une influence fâcheuse sur la culture et la population des cantons voisins, et aura sans doute contribué pour beaucoup à donner aux cantons occidentaux de la Grèce centrale cet air de solitude dont Slrabon nous fait un si lugubre tableau (p. 453 sqq.). Et cependant, la 'fondation d'une grande ville, dans un endroit très favorable au trafic, surtout avec l'Occident, n'en était pas moins une idée heureuse. Les habitants de la Grèce occidentale, tombés peu à peu dans la misère, furent ainsi arrachés à l'existence obscure qu'ils menaient dans leurs villages et leurs villes à moitié ruinées, et réunis comme en un faisceau avec les éléments de vie qu'ils possédaient encore; ils purent ainsi faire preuve une fois de plus de leur aptitude à fonder de nouvelles colonies. Nicopolis, dotée d'un territoire très étendu, qui comprenait notamment des parties assez considérables de l'Acarnanie, favorisée par Auguste au point de vue politique (v. plus bas), capitale de l'Acarnanie et de l'Épire méridionale, se développa rapidement, comme nous le raconte Strabon, qui vécut à cette époque', et s'efforça d'éclipser les vieilles cités de la Grèce par la splendeur de ses édifices nouveaux, parmi lesquels on remarquait surtout deux théâtres ^ dont l'un, plus petit, était situé à l'ouest de l'acropole, et dont l'autre , plus grand, construit en grosses briques rouges, était au nord de la citadelle et adossé à la colline qui avait porté la tente d'Octavien — et un aqueduc qui d'une distance de six lieues amenait de l'eau potable à la ville *. Le stade où l'on célébrait les jeux actiaques se trouvait, avec un gymnase, au pied de la colline mentionnée plus haut, dans un bois faisant partie du faubourg ^
Octavien agit d'une façon tout à fait analogue dans le Péloponnèse. L'Achaïe occidentale, qui était tombée si bas, lui parut particulièrement propre à la fondation d'une ville nouvelle; il choisit pour cela l'antique Patrse, depuis longtemps presque
1) Strab., VII, 7, 6, p. 501 (325). Cf. X, 2, 2, p. 691 (450).
2) BuRSFAN, Geogr., vol. I, p. 33 sqq.
3) Strab., VII, 7, 6, p. 501 (325).