LA COLONIE DE PATRJÎ
déserte (p. 281), avec son territoire très fertile et sa bonne rade *. Patrae, souvent visitée par des voyageurs romains depuis un quart de siècle, qui avait vu des banquiers romains y établir leurs comptoirs (p. 410) et avait servi de demeure à des réfugiés politiques venus dltalie ^ fut traitée comme l'avait été l'emplacement du camp d'Octavien à Actium. D'abord on y établit les vétérans de la X° et la XIP légion ^ ; puis Vimperator fit revenir à Patrae les populations des petites villes voisines (p. 281) d'Antbéia, de Mésalis, deBoline, d'Argyre et d'Arba*. Il obligea enfin un grand nombre des habitants des villes à moitié ruinées des environs, comme Dyme % Olénos, Pharœ, Trita^a, Rhypès, à venir s'établir dans la ville nouvelle ^, qui, lorsqu'elle fut achevée, s'étendait imposante
*) Cf. en général Finlay, p. 52. Zumpt, Comm. Epigr., vol. I, p. 375. CuRTius, Pelop.,yo\. I, p. 438 sqq., 446 et ce que dit Pline d'une manière générale. Plin., N. H., IV, 4 (5), 11. Quant à Tépoque de cette fondation, Eiisèbe , Chron. (éd. Aucher, vol. II), p. 259, indique la 3e année de la CXCI" 01., 740 de la fondation de Rome et 14 av. J.-G. (cf Eckhel, D. iV., II, p. 256). On lit dans Strabon, VIII, 7, 5, p. 594 (387) : 'Pwixaïoi Se vewdu [xe-cà tV 'AxTtaxYjv vt'xY)v î'SpuTav aOroôi tyjç o-xpaTtaç fj-épo; à^ioXoyov, Bon nombre d'œuvres d'art enlevées aux villes étoliennes lors de la fondation dé Nicopolis furent données en présent à la nouvelle Patrae (Pausan., VII, 18, 6. Cf. Syncell., p. 314. BôcKH, C I. Gr., vol. II, n» 1810).
2) Cf. Cic, Ad Fam., VII, 28. XIII, 17, 50. XVI, 1, 5, 6. Ad AU., V, 9. VII, 2.
3) Strabon, loc. cit. et X, 2, 21 fin., p. 706 (460), parle de l'établissement de vétérans romains; la désignation des légions donnée dans le texte est basée sur Th. Mommsen, Res gest. D. Augusti ex monumento Ancyrano, etc., p. 82 (cf. C. I. Lat.y III, p. 95); on admettait naguère que la XXIl" légion avait été établie à Palrœ, v. Zumpt, op. cit., p. 375. Finlay, p. 52. Curtius, Pelop., I, p. 438. Merleker, Achaica, p. 461. Eckhel, D. N., II, p. 257.
*) Pausan., VII, 18, 5.
^) Les modernes ne s'accordent pas sur Dyme; tandis que Hermann, Gr. Staatsalt., § 189, 18, appuie surtout sur le passage de Pausanias, VII, 17, 3 : Auyouo-iro; {iaxspov xa\ upo<7£vet[X£v auTY^v Ilarpeuacv et s'en sert pour expliquer les autres passages; Zumpt, op. cit., p. 375 sqq., en se fondant sur Pline, N. H., IV, 5 (6), 13 et sur Strabon, XIV, 3, 3, p. 981 (665) : A^jxr., r,v vuv\ Twjxatwv aTTotxta vé{xsTat, admet que des colons romains furent alors conduits à Dyme. Curtius aussi, Peloponn., vol. I, p. 425-450, opine pour l'établissement d'une colonie romaine à Dyme, placée sous la protection de la puissante Patrae. Le territoire d'Olénos, devenue déserte, se trouvait, du temps de Strabon (VIII, 7, 5, p. 594 [388]), réuni avec celui de Dyme.
*') Pausan., VII, 18, 5. 22, 1 et 4. Rhypès fut alors complètement détruite (18, 5), cf. Curtius, I, p. 459; les autres villes devinrent des bourgs de périèques dépendant de Patrae. Il paraît qu'à cette époque des œuvres d'art furent transportées de Pharae (22, 3) et de Tritœa (22, 6) à Rome.