LA GUERRE SUR LE TERRITOIRE DU SPERCHIUS
constant rapport avec les luttes ultérieures des Romains avec Antiochus, cette guerre consiste entièrement en une série de sièges opiniâtres ; mais toute la vaillance et tout le dévouement dont les Etoliens firent preuve dans ce genre de combat si peu conforme à leurs goûts, ne purent empêcher l'anéantissement final de leur indépendance politique. Les premières scènes de la guerre étolienne se déroulèrent donc sur le territoire du Sperchips. Le roi Philippe, qui s'était réuni à Acilius, se jeta sur la ville voisine de Lamia*, le consul romain sur Héraclée. Les deux villes furent défendues avec le plus grand courage par les Etoliens ; mais^ tandis que les Macédoniens ne faisaient que des progrès très lents devant Lamia, Acilius réussit à prendre d'assaut Héraclée après un siège de plus de 24 jours, et peu après il força sa forte citadelle à se rendre (ainsi que l'arrogant stratège Damocritos, p. 113)*. La prise de cette importante forteresse n'ébranla pas peu le courage des Etoliens. Peu de jours avant cet événement, ils avaient, pendant une assemblée tenue à Hypata (située à quelques lieues seulement au nord-ouest d'Héraclée), envoyé une ambassade Ten Asie, ayant à sa tête Thoas, pour supplier Antiochus de leur envoyer du secours sans retard. Mais, lorsque sur ces entrefaites Acilius eut pris d'assaut la ville d'Héraclée, les apoclètes etoliens (le conseil fédéral) alors réunis à Hypata entamèrent des négociations avec le consul, à l'instigation du stratège Phaenéas contre lequel ne l'emportaient plus les voix de Thoas et de Damocritos. Hs n'y gagnèrent pas beaucoup. Non seulement Acilius les humilia systématiquement pour les punir de leur arrogance passée ; ils commirent eux-mêmes, dans leur ignorance du droit romain, la faute grave de se servir, en se soumettant au consul, de cette formule engageante ^ employée par les peuples vaincus de TOccident, lorsqu'ils se livraient sans condition au bon plaisir du peuple romain. Lorsqu'ensuite Acilius exigea de Phaenéas» qui négociait avec lui, que
1) Liv., XXXVI, 25.
«) Liv., XXXVI, 22-25. Appian. 8yr., c. 21. Plut., Flamin., c. 15. Phle-
GON, lOC. Clt,
^) C'était la formule bien connue : in fidem se permittere Romanorum, Liv., XXXVI, 27. Cf. POLYB., XX, 9, 10-12 : « El; x^ *Pa)[xa(wv niaxiv