‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 46 sur 235 · RÉFORMES DÉMOCRATIQUES DE PHILOPŒMEN · texte numérisé non relu

RÉFORMES DÉMOCRATIQUES DE PHILOPŒMEN

fier un état de choses où, en dehors des citoyens aisés des villes éloignées, les habitants des districts achéens les plus voisins avaient seuls l'habitude de prendre part en grand nombre aux assemblées publiques; grâce au changement du chef-lieu, la masse des citoyens des autres cantons purent se présenter alternativement en plus grand nombre aux assemblées ; l'intérêt aux affaires do la Ligue devait peu à peu se répandre dans tous les cantons et toutes les couches de la population du Péloponnèse. De plus, la ligue achéenne, qui maintenant embrassait toute la péninsule, prit, grâce à ce changement, légalement aussi le caractère d'une ligue péloponnésienne. En second lieu, Philopœmen demandait que les nombreuses petites villes (de district ou de périèques) qui, comme appartenant à la circonscription de diverses villes plus importantes, n'étaient pas directement membres de la Ligue, mais étaient représentées par la ville sous la suzeraineté de laquelle elles se trouvaient, fussent élevées au rang de membres immédiats de la Ligue ; il espérait augmenter ainsi chez une grande partie de la population du Péloponnèse l'intérêt aux affaires de la confédération. Nous ne savons malheureusement que très imparfaitement jusqu'à quel point le vieux général réussit. En tout cas, il a réalisé ses plans dans sa propre ville natale, la fière Megalopolis, alors la première ville de la Ligue, elle qui à cette époque et plus tard donnait le nom de fils aux principaux chefs des partis confédérés. Les petites villes du territoire de Megalopolis, notamment Aléa, Aséa, Aliphéra, Pallantion, Theisoa, Dipœa, Gortys, devinrent alors (c'est-à-dire depuis 192 av. J.-Ch.) membres indépendants de la confédération. Il est très douteux que Philopœmen ait agi en partie^ comme on Fa prétendu plus tard, sous l'impression d'un sentiment d'animosité momentané contre sa ville natale, provoqué par sa dernière équipée en Crète. Par contre, nous ne repousserons nullement l'hypothèse d'un savant anglais, d'après laquelle Philopœmen s'efforçait, par cette innovation, d'augmenter en même temps le poids des voix arcadiennes vis-à-vis des villes de la vieille

p. 18. 121 sqq. K. F. Hermann, Griech. Staatsalterth. ^ ^ 186, note 7. Freeman, p. 277. 650 sqq.

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