‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 45 sur 235 · OPPOSITION DES PARTIS DANS LA LIGUE ACHÉENNE · texte numérisé non relu

OPPOSITION DES PARTIS DANS LA LIGUE ACHÉENNE

des traits toujours plus odieux. Gardons-nous bien du reste d'oublier que des hommes comme Aristœnos et Diophane n'étaient nullement exempts de jalousie à l'égard des favoris du peuple, de Philopœmen et de ses amis, qu'il portait de préférence aux plus hautes fonctions publiques \ Bien plus, il faut insister particulièrement sur ce point, que ces hommes étaient en même temps chefs de l'oligarchie en face de la démocratie fédérale, représentée précisément alors avec une énergie croissante, mais quelquefois avec des empiétements arbitraires, par Philopœmen. Plus haut, déjà nous avons parlé des idées démocratiques du vaillant général, de l'ami du peuple, impétueux, au franc parler. Maintenant, Philopœmen avait enfin trouvé les moyens de mettre ses plans à exécution. Le vieux général, nous le répétons, n'avait rien de commun avec les idées delà « démocratie sociale » de cette époque; sa démocratie et celle de ses adhérents avait un caractère exclusivement politique. Il n'était pas nécessaire du tout, d'après lui, d'augmenter les droits constitutionnels et les libertés du « démos » proprement dit. Par contre, Philopœmen s'efforçait d'étendre de plus en plus, au profit des couches inférieures, le principe de Fégalité federative, imparfaitement développé chez les Achéens, et de le faire prévaloir plus énergiquement de jour en jour.

A en juger d'après ce que nous savons, Philopœmen s'efforçait de réaliser deux changements surtout. Il exigea d'abo que les deux diètes fédérales régulières (en automne et au printemps) de chaque année n'eussent plus lieu exclusivement comme jusqu'alors dans l'ancien chef-lieu d'^gion (canton d'Achaïe), mais bien dans une succession déterminée, dans toutes les grandes villes de la confédération. Philopœmen, comme chef de la Ligue en l'an 189 avant J.-C, avait réussi à réaliser cette importante innovation, malgré la résistance opiniâtre de l'oligarchie, des damiorges et des citoyens d'JEgion, qui n'eurent pas honte, dans cette affaire purement intérieure, d'appeler à leur secours le consul romain M. Fulvius Nobilior-. Son but était évidemment de modi-

*) Cf. surtout PoLYB., XXIII, 10.

*) Liv., XXXVIII, 30 et Polyb., XXIV, 12, 12. Cf. Nitzsch, Polybius,

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