ROME ET LA QUESTION SPARTIATE
se rendirent de Sparte à Rome. Or les Achéens furent profondément indignés de voir que c'étaient précisément deux des chefs d'émigrés ramenés par Philopœmen, Areus et Alcibiade, qui non seulement accusaient les Achéens du désordre inextricable des affaires à Sparte et se plaignaient aussi de leur côté très amèrement de l'affaiblissement de leur ville par suite de son désarmement, de l'expulsion de tant d'hilotes, de la perte de Belmina et de l'abrogation des lois de Lycurgue, mais demandaient peut-être même (sans doute de connivence avec le prétendant Agésipolis) le rétablissement d'un État Spartiate indépendant ^ Transportés de colère, les Achéens condamnèrent à mort par contumace Areus et Alcibiade (en 185)^ : malgré cela, ces personnages parurent bientôt après avec l'ambassadeur romain Appius Claudius dans l'assemblée achéenne à Clitor. Et c'est ici qu'Appius Claudius, profondément irrité de la courageuse défense du stratège Lycortas, de sa politique et de celle de ses amis à l'égard de Sparte, finit par dire hautement « que les Achéens feraient très bien de faire à temps et volontairement ce que sans cela le Sénat les forcerait de faire sous peu ». Les Achéens perdirent courage. Ils finirent, pour ne pas être obhgés de révoquer euxvmêmes leurs décisions à l'égard de Sparte, par s'en remettre complètement aux Romains pour juger la question Spartiate. Appius fit casser en conséquence l'arrêt de mort prononcé contre Areus et Alcibiade; la question principale devait être décidée à Rome. C'est là que parurent en 184, devant le Sénat, les envoyés des Achéens et les ambassadeurs des divers partis Spartiates ^. C'est alors que se manifesta sous le jour le plus odieux la déplorable situation de l'État Spartiate. Cette cité — à la suite des événements de Fan 188 et sous l'impression des terrib'es difficultés qui, sur ce sol complètement dévasté par tant de révolutions, s'opposaient à la solution même approximative des
vita les Achéens à admettre dorénavant en tout temps les ambassadeurs romains à leurs assemblées. Polyb., XXIII, 10, 10 sqq., 12, 5 sqq. Pau- SAN. et Liv,, loc. cit.
') Polyb., XXIII, 4, 8. 11, 7 et 8. 12, 2-4. Liv., XXXIX, 35. Pals., VII, 9,2. Cf. ScHORN, p. 310.
'') Liv., XXXIX, 35. Palsan., YII, 9, 2.
3) Liv., XXXIX, 33. 35-37. Polyb., XXIII, 5. Pausan., VII, 9, 3