DÉCISION DE ROME DANS LA QUESTION SPARTIATE
questions de propriété, — était divisée en quatre partis. Les émigrés Spartiates revenus en 188 (les « vieux fugitifs ») s'étaient scindés en deux groupes ; les fanatiques les plus exaltés, ceux que représentait alors Lysias, demandaient la restitution pure et simple de tous les biens qu'ils avaient autrefois possédés avant la domination de Nabis ; une fraction un peu plus modérée, que représentaient alors les ambassadeurs Areus et Alcibiade, déjà mentionnés plus haut, se déclarait satisfaite si on voulait restituer, à chacun de ceux qui étaient revenus, des biens jusqu'à concurrence de la valeur d'un talent. Le reste de la bourgeoisie, celle qui s'était formée depuis quelques dizaines d'années et pour laquelle Sérippos portait la parole, demandait qu'on rétablît l'état de chosestel qu'il s'était constitué lors de la reddition de la ville à Philopœmen en 192; Chaeron enfin était le représentant des citoyens nouveaux qui avaient été chassés par les Achéens en 188 et qui demandaient à revenir à Sparte ^ En présence de cette situation d^une complication inouïe, le Sénat nomma une commission pour mettre fin, tant bien que mal, à ces odieuses querelles ; elle se composait des trois hommes d'Etat qui s'étaient occupés le plus en dernier lieu des affaires de la Grèce, c'està-dire de Flamininus, de Cécilius Métellus et d'Appius Claudius. Mais, au lieu de trancher la question par un ordre péremptoire, la politique romaine se contenta de résoudre superficiellement toutes ces difficultés. Sparte continua à faire partie de la Ligue, mais les Achéens perdaient la juridiction criminelle sur les Spartiates. Sparte pouvait relever ses fortifications et rétablir les ordonnances de Lycurgue; quant à la question la plus compliquée, celle qui concernait la distribution des propriétés, on ne décida rien; par contre^ toutes les condamnations à mort prononcées depuis 188 furent annulées; tousles fugitifs furent autorisés à revenir^ Tout