CALLICRATE CFIEF DE LA LIGUE
formèrent alors le centre et comme la souche d'un parti complètement dévoué au Sénat et constamment hostile aux confédérés*.
Depuis ce temps, Callicrate s'efforça constamment, avec le secours d'un groupe assez peu nombreux de politiques qui partageaient ses idées, comme Aristodamos, Agésias, Philippe, et surtout l'odieux Andronidas ', de travailler dans le sens des principes qu'il avait professés à Rome ; en d'autres termes, il voulait sa propre prépondérance dans la Ligue, mais enmême temps l'anéantissement complet de toute activité politique indépendante des confédérés. L'abaissement systématique de la Ligue, jusqu'au point où les Achéens, bien qu'ils eussent comme alliés de Rome, pour la forme du moins, les mêmes droits que celle-ci, n'agiraient plus que comme si une alliance « inégale » les attachait à Rome : c'était* là le but du traître de Léontion et de ses amis. Il va sans dire que le parti national confédéré s'opposait énergiquement au nouveau parti romain, dont des hommes comme Diophane et même Hyperbatos ^ ne consentaient plus à suivre les voies, que jusqu'à un certain point. Le parti de Lycortas a soutenu la lutte, non sans gloire, jusqu'à la grande catastrophe de l'an 167 avant J.-C. ; mais, comme dans les temps extérieurement calmes qui précédèrent la nouvelle guerre de Rome contre la Macédoine , il ne se trouva aucune occasion de remuer les masses par de grands faits d'armes et des succès palpables et de les attachera la personne des chefs nationaux d'alors, ainsi qu'elles s'étaient attachées autrefois au grand héros populaire Philopœmen; comme la lutte nouvelle ne s'étendait guère en attendant au delà du domaine des questions parlementaires et diplomatiques, Callicrate et ses amis ne pouvaient manquer de gagner peu à peu du terrain d'une façon inquiétante. Puissamment appuyés et encouragés parla faveur (et les présents) des Romains, toute leur bassesse ne s'étant pas encore dévoilée, et peut-être même soutenus par des manières engageantes et une certaine amabilité, ils acquirent peu à peu une si grande influence que
1) PoLYB., XXVI, 2, 12 sqq.; 3, 2-15.
2) PoLYB., XXÎX, 10, 1. XXX, 10, 3; 20, 2.
3) ScHORN.p. 371.