‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 56 sur 235 · CALLICRATE ET LE SÉNAT CONTRE LE PARTI NATIONAL · texte numérisé non relu

CALLICRATE ET LE SÉNAT CONTRE LE PARTI NATIONAL

des Romains eux-mêmes. Il y a deux partis chez les Hellènes , un parti démocratique peu disposé à se soumettre à Rome^ qui s'appuie constamment sur ses droits, sa constitution, ses traités; et un parti oligarchique, ami des Romains, que de pareilles considérations ne sauraient engager. Le parti démocratique jouit auprès du peuple d'une très grande considération, et si Rome ne tend pas bientôt sérieusement la main à ses amis à elle, la position du parti oligarchique sera bientôt intolérable dans toute la Grèce. Il faut donc que les Romains emploient tous les moyens dont ils disposent pour procurer, d'un côté, la victoire à leurs amis, et séparer, de l'autre^ du peuple les chefs de la démocratie; alors la foule, sans guide, rie sera plus longtemps en état de s'opposer à Rome ». Ce raisonnement, qui s'appuyait sur plusieurs exemples tirés de l'histoire la plus récente des confédérés *, eut beaucoup de succès à Rome, et le Sénat ne tarda pas, eu égard aux dispositions des hommes d'Etat alors les plus influents, de mettre largement à profit ces conseils. Et d'abord, en ce qui concerne les Achéens, on leur ordonna, en y joignant la menace, de s'occuper du retour des émigrés Spartiates, tandis qu'on encourageait les Épirotes, les Étoliens^ les Acarnaniens, les Béotiens et les Athéniens à briser la résistance des Péloponnésiens au retour des émigrés par des démonstrations diplomatiques et belliqueuses; quant à Callicrate, on le recommanda chaudement à ses compatriotes, en le représentant comme un modèle à suivre. Il arriva ainsi que la plupart des confédérés, qui craignaient une rupture ouverte avec Rome et ne se doutaient nullement du rôle infâme que Callicrate avait joué à Rome, considérèrent ce dernier, dans la crise actuelle, comme le meilleur médiateur entre les Achéens et les Romains et le choisirent comme chef de la Ligue pour l'année 179. Une fois en possession du pouvoir suprême, Callicrate se hâta de ramener dans leurs cantons, non seulement les exilés Spartiates, mais aussi -les Messéniens dont le retour n'avait pas été proposé auparavant et dont lui-même n'avait demandé le rappel qu'à Rome même; ces hommes

1) PoLYB., XXVI, 1, 9; 2, 1-15; 3, 1. Cf. Nitzsch, Polybios, p. 23.

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