ATHÈNES FAVORISÉE PAR LE SÉNAT
Il ne fallait plus songer à résister. Ces mille hommes, et parmi eux Polybe, dont le père, Lycortas, était mort probablement peu de temps auparavant et avait été préservé de ce dernier affront par cette mort survenue à propos \ durent réellement partir pour l'Italie. Ces hommes, « la force et l'âme du Péloponnèse régénéré, qui, dans leur jeunesse, avaient été la brillante escorte de Philopœmen les jours de fête et de bataille ' », allaient maintenant au-devant d'une triste destinée. Car à Rome il n'était nullement question de l'enquête annoncée. Comme les autres Grecs transportés en Italie, ces Péloponnésiens furent traités par le Sénat comme des traîtres condamnés par leurs concitoyens. Ces malheureux (un seul excepté, voy. ci-après, p. 222) furent « internés » dans les villes d'Étrurie, et tous ceux qui tentaient de se soustraire par la fuite à cet exil sans espoir punis de morts.
Un seul État grec, Athènes, retira un triste profit de ces temps désastreux. Aucune plainte n'avait été formulée contre Athènes, dont les habitants avaient non seulement soutenu les Romains de toutes leurs forcespendant laguerre,mais avaient
') Cf. ScHORN, p. 373. NiTzscH, Polybios, p. 27. Comme Archon, dont la destinée ultérieure nous est également inconnue, il est nommé pour la dernière fois à propos de la question d'Egypte (Polyb., XXIX, 10, 6 et 7).
^) NiTzscH, Polybios, p. 28.
^) Liv., XLV, 31. PoLYB., XXX, 10, 2. 3. 8-11. Paus., VU, 10, 2. ZoNAR., IX, 31 init. D'après Pausanias, qui, malheureusement, est le seul qui nous donne des détails sur cette catastrophe, les émissaires romains (exéXcuaev — àvôptbv, loG. Cit.) auraient exigéde l'Assemblée achéenne qu'elle condamnât à mort ceux qui s'étaient compromis ; on ne devait nommer les accusés qu'après avoir fait prononcer cette sentence. Si l'on pouvait entièrement se fier à cet auteur, les faits seraient à peu près les suivants: les Romains demandaient que l'Assemblée déclarât provisoirement comme un crime digne de mort la conduite stigmatisée par eux; ceci fait, il dépendait des accusateurs de mettre tous les confédérés qui leur déplaisaient, à eux ou à Callicrate, dans une position où ils se sentaient perdus d'avance par la sentence imprudente de leurs propres concitoyens. Mais les Achéens repoussèrent cette exigence pleine d'astuce : ils demandèrent évidemment la désignation spéciale et immédiate de chaque cas particulier et de chaque homme qui devaient donner lieu à une enquête. Nous ne savons pas non plus si, lors de l'arrestation définitive des mille accusés, l'Assemblée fédérale a pris quelque mesure qui plus tard a pu fournir au Sénat un prétexte pour (PoLYB , XXXI, 8, 2) déclarer à une ambassade achéenne que les confédérés avaient eux-mêmes déjà jugé coupables et condamné leurs concitoyens. (Sur Andronidas, v. Polyb., XXX, 20, 2).