‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 92 sur 235 · TRISTE SITUATION EN MACÉDOINE · texte numérisé non relu

TRISTE SITUATION EN MACÉDOINE

même et n'ayant aucune racine, défendait, il est vrai, par tous les moyens les intérêts de Rome et les siens propres, mais ne pouvait être maintenu et soutenu que par Rome elle-même. Dans ces circonstances, on pouvait prévoir que tut ou tard la situation dans la péninsule serait telle quo^, du moins dans les parties les plus vitales du pays, le peuple se révolterait énergiqucment contre une tyrannie aussi insupportable ; on pouvait prévoir des secousses violentes, des manifestations brutales de haines locales, de sanglantes séditions qui inviteraient Rome à mettre fin par la force à l'indépendance de ces États qui n'étaient plus qu'une ombre, et à accepter les avantages de la domination dans la péninsule en même temps que ses charges et ses devoirs.

La situation que la politique romaine unie au parti oligarchique avait créée dans la péninsule avait été dès le commencement si intolérable que les Grecs ne pouvaient même pas songer à accepter leur sort avec une résignation apathique ; c'est ce que nous prouvent tous les documents qui, bien que peu nombreux, nous ont été conservés sur les vingt ou trente années suivantes- En Macédoine, où l'on avait non seulement le sentiment pénible de ne plus compter pour rien après avoir occupé un rang eminent parmi les nations^ mais où la misère causée par le démembrement du pays, par l'isolement des nouvelles confédérations, par la guerre et l'obstruction de sources abondantes de prospérité, pesait sans cesse sur le peuple, une sourde fermentation était constante. Divers auteurs nous parlent de la profonde démoralisation des ruasses, de sanglantes guerres civiles dans les diOerents cantons comme entre les diverses confédérations nouvelles. C'est ainsi que nous apprenons que (probablement vers 161) un certain Damasippos fit assassiner à Phacos tout le conseil d'administration d'un de ces cantons*. Les efforts que fit le Sénat pour rétablir par ses commissions (comme en 164 av. J.-C.) l'ordre et un état de choses tant soit peu supportable dans ce malheureux pays restèrent sans effet \ Et après que les Macédoniens eux-mêmes, environ dix ans plus tard (en 151 av. J.-C), se furent efforcés en vain de faire d'un des

1) PoLYR., XXXI, 25, 2.

2) PoLvn., XXXI, 12, 12.

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