‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 101 sur 186 · INFLUENCE DES HELLÈNES SUR LES ROMAINS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES HELLÈNES SUR LES ROMAINS

romain que les Hellènes, vaincus par la supériorité politique et militaire des Romains, s'acquittèrent envers leurs nouveaux maîtres ' .

Cette émigration des Hellènes vers Rome n'a fait que s'accroître dans le cours des siècles, surtout depuis que les villes et les Etats grecs et hellénistiques de TOrient, et en premier lieu le royaume de Pergan/e et les brillantes villes grecques de la côte occidentale de TAsie-Mineure, eurent été unis directement sous différentes formes avec Tempirc romain (v. plus bas). Nous trouverons plus tard, à plusieurs reprises, surtout à l'époque de Juvénal, puis à celle de Lucien de Samosate et de ses prédécesseurs, l'occasion de traiter de ces faits avec plus de détails. Mais tous ceux qu'animaient encore dans les États helléniques l'ancienne fierté nationale ne pouvaient pas considérer cette afiluence croissante avec une satisfaction sans mélange. Sans doute, c'était un spectacle grandiose que de voir la nation italique, maitresse du monde et si puissante par ses armes, qui avait détruit l'indépendance de la Grèce et des Etats hellénistiques, et qui avait, en quelque sorte, « brisé le cœur » à la nation grecque, conquise à son tour et profondément modifiée par la civilisation hellénique; de voir ces mêmes Hellènes, qui plusieurs siècles auparavant avaient pénétré en Orient jusqu'au delà du Tigre et y avaient répandu une vie nouvelle, pouvoir maintenant faire Tessai de leur puissance civilisatrice sur les nobles et puissantes tribus de la péninsule italique. Et pourtant, on ne pouvait nier que cette nouvelle situation cosmopolite de la nation hellénique fût le prix d'énormes sacrifices. Il était sans contredit très fâcheux que cette émigration nouvelle vers l'Italie contribuât pendant longtemps de son côté à rendre de plus en plus déserts les

*) Cf. en pfénéral les développements de Drumann, Geach. Roms, vol. VI, p. 054 sqq. Kr. Blass, Die griechische Beredtsamkeit in dem Zeitalter von Alexander bis aiif Auoustua, p. 88, 104-221. Mommsen, R. G., vol. I, p. 873- 956, vol. n,'p. 403, 414-470; vol. III, p. 534 sqq., 551 sqq., 553-614. Voigt, Jus naturale, vol. II, 2, p. 641 sqq. Bernhardy, hvm. Litterat,, p. 54 sqq. 188-260 (§ 36-48) et Griech. Littéral., t. ï, p. 561 sqq. (§ 82sqq.). Becker- Marquardt, Rom, Alterth., vol. IV, p. 63 sqq. Preli.er, JWm. MythoL, 2«édit.,p. 710 sqq. Lange, ROm. Alterth,, vol. II, p. 278 sqq. H. Gôll, KuUurhUder am HelUis und Rom, vol. 11, p. 225-247. '

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